Modern Warfare 2
Test du Vendredi 20 novembre 2009 par Artheval_Pe
Débutée le 29 octobre 2003 avec la sortie de Call of Duty sur PC développé par Infinity Ward, la franchise éponyme s'est peu à peu réorientée vers les consoles tout en continuant à placer son action durant la seconde guerre mondiale. Mais ce n'est qu'avec la sortie de Call of Duty 4 : Modern Warfare le 7 novembre 2007 que la franchise a gagné un succès populaire la transformant en mastodonte commercial parmi les FPS, détrônant en quelques mois le succès massif de Halo 3 sorti la même année. Bien que reprenant la formule classique de la série, ce quatrième opus était parvenu à se distinguer grâce à son excellent mode multijoueur et sa campagne épique au gameplay varié. Après un moins bon mais quasiment aussi populaire Call of Duty : World At War développé par Treyarch et sorti fin 2008, Infinity Ward reprend cette année la main avec la suite directe du quatrième opus, marquée du nom Modern Warfare 2. Ce jeu a-t-il su capitaliser sur la qualité de son prédécesseur ? Représente-t-il un pas en avant pour le genre ? Ou le développeur a-t-il voulu en faire trop ?
Une histoire explosive
5 ans après les évènements de Call of Duty 4 : Modern Warfare, l'histoire de ce second opus débute en Afghanistan dans les bottes du Soldat Allen, et continue sur les traces de "Soap" MacTavish devenu Capitaine et escortant le joueur mis dans la peau du Sergent Roach" Sanderson''. L'action se déroule au quatre coins du monde dans des lieux variés aux ambiances très différentes, mais c'est bien là un des seuls mérites de l'histoire.
Car là où son prédécesseur était une fresque militaire épique liée à une intrigue terroriste, Modern Warfare 2 joue plutôt sur le terrain des films d'action à la James Bond, avec l'esprit de Roland Emmerich ayant remplacé l'humour british. Au premier abord l'histoire recèle quelques tournants intéressants et des rebondissements surprenants, mais elle comprend bien trop d'invraisemblances et manque cruellement de cohérence. La narration durant les briefings est ici bien trop sommaire pour donner tous les détails nécessaires sur l'intrigue et on se prend à souhaiter que les développeurs aient permis de visiter certains des lieux où se déroule la majorité des dialogues mais qu'on ne voit jamais.
Heureusement, la variété des décors et surtout le rythme permettent de compenser cela, mais seulement jusqu'à la quinzième mission du jeu, car la fin de la campagne tombe complètement à plat en matière de rythme et d'intensité. Notons également qu'au premier degré, l'intrigue est empreinte d'un patriotisme américain exacerbé qui pourra déranger. Pousser l'analyse révèle un propos plus nuancé, mais on sent que le jeu a été pensé avant tout pour les joueurs d'outre-atlantique. Globalement, l'appréciation de l'histoire de ce titre dépendra des attentes de l'utilisateur. Contrairement à son prédécesseur, il ne s'agit plus d'un FPS militaire mis en scène, mais plus d'un shooter d'action ayant lieu au sein de différentes armées et dont l'histoire privilégie la mise en scène et la variété des situations au dessus de toute autre considération.
Peu d'évolutions d'une formule qui marche
Sur un plan conceptuel, le jeu diffère très peu de ses prédécesseurs. Suite de missions linéaires exécutées les unes après les autres en contrôlant différents soldats, il reprend ici la recette éprouvée des précédents Call of Duty. Mais là où il s'améliore par rapports à ses précurseurs, c'est sur la taille des cartes et la nature des scripts : On se retrouve cette fois plus souvent confronté à des environnements dans lesquels la progression n'est pas totalement confinée à un couloir plus ou moins large. Cela est valable aussi bien dans certaines missions furtives que dans d'autres de tir plus classiques. Des passages restent cependant linéaires mais le tout donne un résultat appréciable qui forme un très bon compromis entre mise en scène et liberté d'action. Alternativement, le joueur infiltre une base aérienne, défend une zone en attendant l'arrivée des renforts et a droit à quelques courtes traditionnelles séquences de rail-shooting : Les cartes et situations sont variées.
Malheureusement, même si elle est cette fois dynamique, l'intelligence artificielle n'est pas toujours à la hauteur. Elle peut se révéler efficace plus par sa capacité à viser correctement ou lancer des grenades aux pieds du joueur que par ses manœuvres, et en mode Spec-Ops, il pourra arriver de se faire contourner. Mais le placement fixe de certains ennemis et leur incapacité à réellement réagir en fonction des actions du joueur les garde au rang de cibles mouvantes, à l'exception des juggernauts en mode coopératif qui eux pourront réellement donner du fil à retordre.
Essentiellement un FPS
Par rapport à Call of Duty 4, le jeu de tir en vue subjective qu'est Modern Warfare 2 se distingue par un gameplay plus varié et dans un premier temps moins centré sur le tir. Infiltration, poursuites à pied ou en véhicule, fuite : Bien souvent, l'utilisation d'armes à feu n'est plus l'objectif principal mais le moyen nécessaire pour atteindre un autre but. Et cette idée a le mérite de générer un gameplay un peu plus varié que le tir sur cibles stupides pratiqué dans le précédent opus. On regrettera qu'aucune mission d'infiltration ne puisse rivaliser avec la mise en scène et l'ambiance de celle à Tchernobyl, mais le jeu parvient à inclure suffisamment d'autres idées, et ajoute de petites additions bienvenues telles que la possibilité de contrôler un missile air-sol à guidage TV.
Dans son gunplay, le jeu conserve les qualités et défauts de la série : Les animations des ennemis réagissant aux balles et leurs mouvements de ragdolls une fois morts fournissent d'excellentes sensations de tir malheureusement gâchées par les sons trop faibles des armes, qui font regretter les détonations du premier Call of Duty sorti en 2003. La précision lors de l'utilisation des ironsights est quasi-parfaite, et ces derniers sont comme toujours indispensables pour tirer ne serait-ce qu'à moyenne distance. A nouveau, le recul est extrêmement faible ce qui pourra convenir à certains mais nuit parfois à la sensation de puissance des armes.
Là où le bat blesse, c'est que la vision brouillée par le sang et la visée incontrôlable lorsque le joueur se fait toucher tendent à promouvoir une approche relativement tactique impliquant de rester à couvert pour tirer sur les ennemis. L'ennui, c'est que la fonction de lean (se pencher sur le coté pour faire dépasser l'arme et la tête de derrière un mur) qui faisait partie du gameplay de la série depuis ses débuts, se retrouve ici supprimée sans raison et de manière préjudiciable. En effet, il suffit d'augmenter la difficulté en Vétéran pour percevoir toute la dimension tactique de certains affrontements, qui requièrent des possibilités de contrôle relativement fines qui ne sont plus disponibles.
Heureusement, l'action tend à se renouveler en utilisant quelques nouvelles mécaniques : usage d'optiques thermiques pour tirer sur des ennemis à travers la fumée, utilisation d'un détecteur de battements cardiaques repérant les humains, conduite de petits véhicules, ralentis lors de l'enfonçage de portes ou de murs. Le joueur n'est ainsi pas seulement confiné aux éléments de gameplay introduits dans le précédent opus mais doit au contraire en gérer de nouveaux, comme la présence de civils dans certains lieux. Loin de stagner, l'interaction dans ce second opus a au contraire tendance à changer subtilement par rapport aux précédents jeux de la série, même si les bases sont conservées voire malheureusement ternies sur certains points.
Une mise en scène de plus en plus importante
Au-delà d'un gameplay particulièrement satisfaisant, c'est grâce à ses capacités d'immersion que la franchise Call of Duty parvient à se distinguer de la concurrence. La finesse de la conception visuelle et les situations millimétrées, bien que contraignantes, supportent avec succès cette ambition. Dans ce second jeu sur la guerre moderne, la composante spectaculaire est à nouveau au rendez-vous. Plus encore qu'auparavant, elle met le joueur au cœur de l'action et fait toujours forte impression. L'ennui, c'est que les situations sont parfois tellement exagérées ou mal amenées qu'elles en deviennent invraisemblables ce que qui induit un sentiment d'incrédulité chez le joueur, pouvant pour certains annuler l'impact de la mise en scène. Mais par de nouveaux éléments scriptés qui viennent contribuer à l'immersion, les personnages acquièrent parfois une réelle consistance les conduisant à devenir un peu plus que de simples guides pour traverser les cartes.
La musique contribue beaucoup à l'ambiance et à établir le rythme. Bien que Hans Zimmer n'ait composé que les thèmes principaux, laissant à Lorne Balfe le soin de se charger du reste, on remarque des compositions d'excellente facture s'intégrant mieux dans le jeu que les cuivres agressifs du précédent opus.
Un mode coopératif qui a aussi son intérêt en solo
La difficulté de cette nouvelle campagne reste un cran en deçà de celle de son prédécesseur, et le caractère accessible des Call of Duty n'a jamais été réellement propice à la difficulté en dehors de missions de défense. Heureusement, Infinity Ward a eu la bonne idée de s'atteler à la création d'un mode coopératif axé sur le défi et à la difficulté relevée. A l'exception de quelques missions ne fonctionnant qu'à deux, l'immense majorité des 23 scénarios peuvent être terminés seul et le mode vétéran accuse dans de nombreux cas une difficulté capable de donner du fil à retordre même aux amateurs les plus aguerris de FPS.
Groupés en plusieurs sections, les missions se débloquent en accumulant des étoiles attribuées en fonction du niveau de difficulté dans lequel les niveaux sont terminés. La variété des scénarios est très grande allant de l'infiltration à la destruction de tous les véhicules sur un pont en passant par des missions permettant à un joueur de couvrir depuis un AC-130 son coéquipier progressant au sol. Défense d'un point, élimination d'ennemis et course chronométrée sont aussi au programme. Les juggernauts, ennemis habillés d'une tenue de déminage, ne peuvent être neutralisés qu'avec plusieurs tirs de Sniper et servent à pimenter certaines cartes de manière efficace.
En plus d'être un mode coopératif distinct de ce qui se trouve chez la concurrence, ce mode Special Ops a le mérite d'allonger considérablement la durée de vie potentielle de l'expérience solo et de combler les joueurs qui ne trouveraient pas dans celle-ci une difficulté suffisante. Seul regret : la possibilité de ne jouer qu'avec des amis Steam ce qui peut être contraignant pour les nouveaux utilisateurs du service et peut s'avérer frustrant lorsqu'aucun contact n'est disponible. Mais cette addition figure parmi les très bonnes surprises de ce Modern Warfare 2.
Un multijoueur riche mais décevant
Comme on pouvait le craindre, le mode multijoueur sur PC représente la grande déception de ce second opus. Pas tant dans son gameplay que dans tout ce qui l'entoure. Comportant de nombreux modes, toujours rapide, il se joue maintenant de manière plus tactique et moins désordonnée sur des cartes moins peuplées et équilibrées pour le nombre de joueurs les occupant. La richesse des améliorations d'armes, d'atouts, et des possibilités de personnalisation est immense et le nombre de niveaux a été augmenté pour donner au joueur de manière progressive tous les atouts dont il a besoin. Comme toujours, les armes sont très bien équilibrées et toutes se révèleront d'une efficacité redoutable entre de bonnes mains. Le mode à la troisième personne n'apporte rien de plus à l'expérience si ce n'est que le un contre un recèle une dimension tactique très appréciable.
L'ennui, c'est que les killstreaks viennent altérer tout équilibre dont pourraient profiter les modes plus tactiques. Pléthoriques et accessibles rapidement, les supports tels que le radar, l'hélicoptère ou la mitrailleuse sont très appréciables en Team Deathmatch, mais peuvent donner à un joueur aux tactiques inférieures un avantage énorme sur son ou ses adversaire(s) et ainsi lui garantir la victoire très rapidement.
Il ne s'agit là , cependant, que de défauts marginaux par rapport aux problèmes posés par la nouvelle infrastructure mise en place pour faire fonctionner ce mode multijoueur. Si son fonctionnement fut quasiment parfait les premiers jours, il a très rapidement montré ses limites et sa lenteur. Regroupant les joueurs en lobbies, il envoie les français dans des parties hébergées par des anglais ou américains et dont le ping est généralement de 100 ms ou plus. Ce système rend le titre totalement impropre à la compétition. En outre, des problèmes de migration de l'hôte furent observés durant le test réalisé à partir d'une connexion dont le jeu indiquait le NAT ouvert. Notons enfin que la triche existe déjà et est donc d'autant plus aisée qu'il n'y a plus personne pour administrer des serveurs et qu'il n'est plus possible de recourir à des outils tiers.
Enfin, le plus gros problème est lié à la nature d'IW.NET : Comme Activision l'indique dès l'écran d'accueil du jeu, le service peut être arrêté à n'importe quel moment, ce qui rend le mode multijoueur de Modern Warfare 2 totalement éphémère. Impossible de savoir si l'éditeur ne décidera pas de fermer ce mode multijoueur lors de la sortie du prochain opus de la série. D'autant que le LAN n'a pas été épargné : Il n'est tout simplement pas possible de jouer en réseau local. Lorsque Activision cessera de le supporter, il ne sera plus du tout possible d'utiliser le multijoueur sous quelque forme que ce soit : Du jamais vu !
Une technique qui comporte des hauts et des bas
Contrairement à ce qu'on pouvait attendre de la part d'une très grosse production comme celle-là , le jeu souffre de problèmes d'instabilité. En DirectX 10, il connait des crashs réguliers dans tous les modes, qui forceront les utilisateurs de Vista à diminuer le jeu vers la qualité console pour pouvoir en voir la fin. Heureusement, les possesseurs de Windows XP sont apparemment épargnés. Ces problèmes témoignent cependant de graves négligences, d'autant plus difficiles à accepter sur une très grosse production comme celle-ci.
Visuellement, en revanche, le jeu se révèle une réussite. Si la définition de la plupart des textures de base, et la qualité des effets a peu évolué depuis le précédent opus, le travail des artistes fait lui toute la différence. Le streaming des textures n'est pas un terme très évocateur, mais il a permis aux développeurs d'offrir une variété visuelle très importante sur chacune des cartes grâce à l'utilisation d'un nombre plus important de textures différentes. Ajoutez à cela les très bonnes animations, le système d'éclairage tout aussi efficace et surtout le souci du détail dans la création des cartes qui n'a d'égal que l'attention à la mise en scène, et vous obtenez un jeu graphiquement très réussi. Certes, la patte neutre des artistes destinée à offrir un rendu réaliste peut manquer d'originalité, et le titre reste d'une qualité inférieure à d'autres références sur PC qui affichent un plus grand niveau de détails, mais le tout a un rendu final de très bonne facture qui fait de Modern Warfare 2 un des plus beaux FPS multi-plateformes, et incontestablement, le plus abouti sur le plan visuel.
Coté physique, peu d'évolutions sont à noter depuis le précédent. La plupart des décors ne sont pas destructibles, mais l'utilisation, d'une version récente d'Havok permet de faire voler plus d'objets un peu partout et certains niveaux sont plus denses en éléments destructibles tels que des écrans, vitres et autres ordinateurs. L'ambiance en profite mais l'interactivité avec l'environnement ne devient jamais une part importante du jeu.




Modern Warfare 2 est une suite inégale de son ainé. La campagne est toujours aussi courte et perd l'esprit d'authenticité qui caractérisait celle du précédent opus, mais la mise en scène est devenue encore meilleure et le gameplay s'est amélioré en incorporant de nouvelles idées. Surtout, le nouveau mode coopératif Special Ops allonge considérablement la durée de vie en solo tout en offrant une excellente expérience pour jouer avec un ami. Mais ironiquement, c'est du coté du multijoueur que les problèmes émergent. Si son contenu est extrêmement riche sans toutefois tutoyer l'excellence, les inconvénients de la nouvelle infrastructure restent trop pénalisants tandis que son caractère éphémère le rend difficilement recommandable. Même s'il est une suite directe à Call of Duty 4, ce nouveau jeu se révèle bien différent. Très bon en solo, non moins intéressant en coopération, il déçoit avec son mode multijoueur au rabais dont le mode de fonctionnement ne permet pas de faire justice à son contenu. N'importe quel joueur de FPS pourra apprécier sa campagne au rythme effréné et affiner son talent en Special Ops, mais l'expérience en ligne n'est pas à la hauteur de celle fournie par ses concurrents.
Les plus
+ Le gameplay en solo+ La mise en scène excellente
+ Special Ops
+ Plus d'atouts et d'armements en multi
+ La musique
+ Des décors à peine plus interactifs
Les moins
- L'histoire et la narration au rabais- Pas de serveurs dédiés
- IW.NET est lent et induit de la latence
- Pas de mods
- Jeu d'action et non plus jeu de guerre
- L'absence de lean remarquée et très gênante
Détails
- Nom
- Modern Warfare 2
- Call of Duty : Modern Warfare 2
- Support
- PC
- Genre
- FPS
- Editeur
- Activision
- Développeur
- Infinity Ward
- Sortie
- 10 novembre 2009
- 10 novembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 16 ans et plus






























Actus