Left 4 Dead 2
Test du Lundi 30 novembre 2009 par Artheval_Pe
Après un Left 4 Dead développé à partir de 2005 par un dizaine d'employés de Turtle Rock Studios puis par des équipes de Valve, le studio de Bellevue s'est emparé de la franchise tandis que Mike Booth et ses collègues se remettaient au travail sur un nouveau projet original. Sous la pression de nombreux employés du studio qui avaient commencé à élaborer des idées susceptibles de justifier une suite, le président Gabe Newell, d'abord réticent, a fini par donner son feu vert au développement en un an, selon une nouvelle méthode, d'un Left 4 Dead 2. Lors de l'annonce du jeu à l'E3 2009 en juin, ce fut le drame : Les fans se sentaient spoliés de ne pas avoir droit à plus de mises à jour gratuites pour Left 4 Dead et craignaient de ne voir dans la suite que ce qui aurait du constituer ces ajouts. Plus tard, le second opus en développement fut qualifié d'expansion et attaqué sur son prix. Alors, une fois le jeu installé, qu'en est-il réellement ? Expansion trop chère ou titre à part entière ? Trop pauvre pour être distribué gratuitement ou non ? Mais surtout, est-ce une suite digne de ce nom ou un projet bâclé ?
3 semaines après la première infection
L'histoire de Left 4 Dead 2 est presque aussi simpliste que celle de son prédécesseur : Le joueur fait partie d'un groupe de quatre survivants immunisés contre un virus qui a transformé quasiment toute la population américaine en zombies furieux. Coincés dans un hôtel en flammes du Sud des Etats-Unis, ils tentent de rejoindre la Nouvelle Orléans par tous les moyens possibles et devront pour ça affronter des hordes d'humains infectés.
La narration toujours aussi légère passe par les dialogues entre les personnages, les tags inscrits sur les murs des abris, quelques évènements scriptés et les indices présents dans l'environnement. La chronologie ayant été pensée comme continue, le jeu a une certaine cohérence et les développeurs ont porté un peu plus d'attentions à l'histoire de l'infection. Mais pour que l'expérience reste différente à chaque partie, l'importance de l'intrigue reste très marginale et seuls les fans y dissèqueront des indices.
Les personnages sont cependant plutôt bien développés et ont des personnalités distinctes qui les rendent rapidement attachants. Un peu moins sombres que ceux du précédent titre, ils sont ici souvent plus drôles, ce qui reflète bien l'était d'esprit général plus joyeux de ce second opus par rapport à Left 4 Dead dont l'atmosphère de film d'horreur est ici remplacé par des ambiances assez différentes selon les campagnes.
La coopération est toujours de mise
Left 4 Dead 2 est toujours un jeu centré avant tout sur la coopération entre les joueurs. Dans cette optique, c'est essentiellement une expérience multijoueur qui ne peut s'aborder qu'en allant tirer sur des zombies en ligne.
Les campagnes coopératives sur internet se jouent à quatre personnes qui peuvent être remplacées ou contrôlées temporairement par un bot. Le but est de combattre les infectés à travers plusieurs cartes linéaires successives pour atteindre la fin de la campagne, et le rythme est ici déterminant. Avec des apparitions régulières de hordes et les interventions fréquentes d'infectés spéciaux, l'intensité de l'expérience varie en fonction des actions des joueurs, pouvant devenir plus calme s'ils ne sont pas en forme et blessés ou à l'inverse très exigeante s'ils se révèlent trop efficaces, tandis que les apparitions du très puissant tank ou de la witch meurtrière induisent des changements de tactique. Et sur quasiment chaque carte, un événement crescendo force l'équipe à se réunir et à se préparer pour affronter une horde déchainée. La nouveauté est que certains de ces crescendo nécessitent non plus de se défendre contre des infectés, mais au contraire de courir à travers une horde interrompue pour éteindre ce qui la fait arriver, générant ainsi des phases de jeux plus intéressantes et difficiles que l'habituelle défense dans un placard. Comme dans le précédent opus, les apparitions d'infectés, de hordes, les emplacements d'armes et les apparitions d'objets sont gérés par un programme baptisé Directeur IA. Cette fois, il dispose de plus d'options, étant notamment capable de modifier des routes à travers les niveaux, de moduler l'intensité de la pluie durant une des campagnes et de choisir plus finement les lieux d'apparition d'armes et d'objets. C'est ce mélange d'actions conditionnées par les survivants et gérées par le directeur IA qui donne au jeu son excellent rythme qui change à chaque partie. Tuer des zombies sans défense peut sembler facile, mais lorsqu'ils courent, qu'ils sont une cinquantaine et que des infectés spéciaux sont aussi à l'œuvre, la tâche est bien plus ardue.
D'autant que trois nouveaux infectés spéciaux font leur apparition et viennent compliquer la tâche des survivants tout en les empêchant de planter leur tente. Le spitter qui crache son acide corrosif sur le sol peut faire des ravages contre des humains regroupés dans une pièce ou immobilisés. Le jockey très résistant peut amener un survivant vers un danger tandis que le charger est dévastateur contre un homme statique. Avec les anciens infectés toujours présents, cette nouvelle combinaison oblige les survivants à être bien plus mobiles et change la manière de jouer en rendant caduques les anciennes tactiques défensives présentes dans Left 4 Dead. Un peu de piment est ajouté avec la présence d'infectés communs inhabituels à l'impact plus ou moins important, entre l'ouvrier de chantier qui ne suit pas les pipe-bombs et le policier anti-émeute dont seul le dos est vulnérable.
Mais les survivants ne sont pas en reste, grâce à un arsenal bien plus varié incluant de nombreuses armes différentes, des améliorations pour ces dernières et surtout des armes de mêlée : pouvant remplacer les pistolets, celles-ci sont réellement le point fort du jeu dans les modes de difficultés aisés et en Versus : grâce au nouveau système de démembrement, l'impact qu'elles ont sur les infectés et dévastateur et particulièrement gratifiant visuellement. Et en termes tactiques, celles qui ont un rayon d'action large sont dévastatrices contre une horde, en particulier la très efficace tronçonneuse. Les armes à feu quant à elles peuvent bénéficier d'améliorations telles que des balles explosives, enflammées ou une visée laser améliorant la précision, et elles ont chacune un maniement différent et des caractéristiques qui leur procurent avantages et inconvénients qui peuvent se révéler déterminants. En outre, des alternatives aux medkits, pilules et molotovs font également leur apparition.
Même si sur le papier, trois nouveaux infectés spéciaux et un plus grand nombre d'armes semblent être un changement marginal, les modifications entrainées sur le gameplay du jeu par rapport au prédécesseur sont majeures. Certes, il s'agit toujours de tirer sur des infectés et certaines tactiques s'appliquent encore, mais la manière de jouer est très différente, et surtout plus exigeante. Elle se décline en plusieurs modes de difficultés dont Expert qui cette fois porte bien son nom et n'exige plus seulement de la prudence : il saura ramener les survivants au départ bien avant l'apparition d'un tank. Tout cela donne un jeu très dynamique dans lequel l'expérience varie bien plus entre les parties que dans le précédent opus et où les humains doivent faire preuve d'une grande réactivité. Le résultat final est un gameplay très amusant et plus varié, qu'on ne retrouve dans aucun autre FPS.
Le mode coopératif est également disponible sous forme de parties dites réalistes où les infectés communs sont plus résistants, les halos autour des survivants et objets sont absents et où les joueurs décédés ne réapparaissent plus dans des placards. Heureusement, un défibrillateur prenant la place d'un medkit pourra être utilisé pour ramener un mort à la vie. Ce mode réaliste rend certes le jeu un peu plus dur, mais surtout réclame plus de coordination de la part des survivants qui doivent se déplacer groupés et faire très attention à la position de leurs coéquipiers.
Il existe toujours un mode solo dont l'intérêt est négligeable mais qui permet cependant d'explorer les cartes pour la première fois. Le joueur s'y trouve accompagné par les trois autres personnages contrôlés par l'ordinateur, ce qui est ici un problème : Le jeu a changé, mais les bots n'y sont pas adaptés. Non seulement ils sont incapables de se comporter intelligemment durant les nouveaux types d'évènements crescendo, mais en plus leurs possibilités d'action et leur efficacité sont moindres par rapport à ceux du précédent opus, et l'expérience de jeu s'en ressent. Ils sont doués pour viser, mais deviennent inutiles dès qu'ils sont mis en difficulté et ont tendance à trainer et à faire des gaffes, notamment déranger les witch. Rien de dramatique dans un titre qui est prévu pour se jouer entre humains, mais c'est un défaut surprenant, même s'il a tendance à rendre plus équilibrées les équipes incomplètes en versus.
Enfin, le dernier type de parties se jouant en coopération est repris du premier Left 4 Dead et nommé Survival. Sur une carte fermée issue d'une campagne, les survivants doivent se préparer en s'équipant et en plaçant des bidons inflammables ou explosifs sur la carte avant de déclencher l'arrivée de la horde d'infectés qui devient de plus en plus nombreuse et puissante. Le but dans ces conditions est de tenir le plus longtemps possible, et des médailles sont attribuées au bout de 4, 7 puis 10 minutes. Le gameplay subit moins l'influence des nouveautés que celui des autres modes : Même si Valve est parvenu à concevoir des cartes où les survivants sont contraints de se déplacer, la nature du mode Survival est restée la même et les armes de mêlée trouvent peu d'utilité de par l'absence de nécessité d'avancer à travers des infectés. Le mode reste cependant particulièrement amusant, devient lui aussi plus ardu et profite de nouvelles cartes très bien pensées. Celles-ci sont cependant peu nombreuses, ce qui fait espérer que le développeur en ajoute d'autres dans de prochains patchs.
Les infectés ont pris du poil de la bête
Du coté du multijoueur, on retrouve tout d'abord le mode Versus issu du jeu précédent : l'équipe des survivants tente de traverser chaque carte de la campagne tandis que quatre joueurs prenant le contrôle des infectés spéciaux s'emploient à les en empêcher. Ce type de gameplay asymétrique est ici toujours aussi unique et intéressant, mais a lui aussi subi des changements : Alors qu'auparavant, la manière la plus efficace de se débarrasser des survivants était de les immobiliser tous en même temps, les nouvelles classes d'infectés ont changé tout cela : Il est maintenant plus facile de faire mal aux survivants, en particulier grâce au spitter, et les incapaciter devient ainsi plus fréquent qu'auparavant. Le résultat est un gameplay plus équilibré et moins frustrant pour les infectés. Tandis que dans le premier opus, face à une équipe ne faisant pas d'erreurs, une attaque était soit couronnée de succès soit entièrement ratée, là , il devient possible d'infliger des dommages aux survivants même lorsque la synchronisation n'est pas parfaite. Jouer les infectés devient ainsi plus intéressant pour les novices et lorsqu'on collabore avec des inconnus. Malgré tout, la coordination reste particulièrement importante, et de nombreuses nouvelles tactiques combinant plusieurs infectés apparaissent avec les nouvelles classes.
Surtout, Left 4 Dead 2 est l'un des seuls jeux à proposer un tel mode multijoueur où une équipe est aussi radicalement différente de l'autre, et où la progression soit un facteur essentiel. Ajoutez à cela le gameplay unique de chacun des infectés spéciaux et le caractère aléatoire donné par les interventions du directeur IA, et vous obtenez un multijoueur exceptionnel, particulièrement amusant tout en ne ressemblant à aucun autre, si ce n'est celui du premier Left 4 Dead.
Mais le mode versus comporte un inconvénient lié à son concept : Les parties sont très longues. Pour remédier à cela, Valve a conçu un autre mode compétitif entièrement nouveau nommé Scavenge. Dès le début de la partie, un compte à rebours commence et l'équipe des survivants doit aller chercher des bidons d'essence sur une unique carte pour remplir un réservoir en gagnant du temps au passage. Les décors sont généralement suffisamment vastes pour donner du fil à retordre aux survivants et rendre la tâche pas évidente. Face à eux, quatre joueurs contrôlant les infectés spéciaux tentent, eux, de stopper les humains par tous les moyens nécessaires. Le spitter se révèle être une arme de choix étant donné que sa mare acide peut détruire les bidons que les survivants auraient jeté au sol pour pouvoir se défendre. Des deux cotés, la coordination est indispensable et les humains sont contraints à rester groupés par quatre. Une fois que tous les bidons ont été versés dans le réservoir, que le compte à rebours est arrêté ou que les survivants sont impuissants, la partie est terminée et les équipes changent de camp. L'avantage de ce mode, c'est que son rythme est bien plus rapide, tendu que le versus et que les parties sont plus courtes : pouvant se jouer en 3 ou 5 rounds, il permet de passer quelques dizaines de minutes sur une partie multijoueur.
Dans les deux modes, l'équilibrage est impeccable malgré les différences énormes entre les deux camps et témoigne d'une maîtrise rare du FPS multijoueur de la part de Valve. En outre, même si les infectés reposent moins sur une synchronisation parfaite de leurs attaques, ce titre reste au coté de son prédécesseur l'une des plus grandes réussites du genre lorsqu'il s'agit de faire travailler des joueurs ensemble.
Une réalisation qui commence à dater
Malgré les constantes améliorations apportées par Valve à son moteur fétiche Source, celui-ci commence à trahir son âge avec des visuels dont la qualité devient distancée par la concurrence, d'autant plus que l'optimisation pour la Xbox 360 a conduit le studio à devenir plus avare sur la finesse des textures. Les effets de particules sont inégaux, de même que l'apparence des explosions, et même si le modèle lumineux inclut par moments un semblant d'éclairage dynamique, un rendu entièrement en temps réel n'est toujours pas au programme. En bref, le jeu n'est pas moche, mais ne se distingue ni par un niveau de détail très important, ni par une fidélité visuelle remarquable.
D'autant que les décors eux-mêmes sont inégaux. Entre le Mall bien trop vide de Dead Center et certaines rues de la Nouvelle Orléans où il semble manquer des choses, on peut se demander si le développement rapide avec des délais imposés ne s'est pas fait au détriment de la finesse dans la réalisation artistique. Cependant, l'ambiance exceptionnelle sous la pluie dans Hard Rain, et les marais lugubres se distinguent comme particulièrement originaux et très bien finis, tandis que Dark Carnival sera diversement appréciée.
Le système de démembrement compense quant à lui largement le reste de la réalisation technique : incontestablement le plus fin et détaillé vu dans un jeu d'action, il est particulièrement précis et révèle les entrailles peu ragoutantes des infectés de manière particulièrement convaincante et gore. Mais surtout, il rend le jeu plus jouissif : Tirer sur des infectés est déjà divertissant, mais lorsque leurs corps réagissent aux impacts et sont déchiquetés par les balles et les armes de mêlée, malgré le coté exagéré de la chose, l'univers virtuel devient tout simplement plus tangible.
Le son est toujours exemplaire avec d'excellents bruitages, de belles performances de la part des acteurs, et de nouvelles musiques qui contribuent à donner à chaque campagne une ambiance unique. On aurait peut-être aimé entendre plus de compositions originales, mais le code musical correspondant aux évènements ayant lieu dans le jeu reste au moins particulièrement clair.
Quand aux bugs, ils sont rares et les seuls qui ont été aperçus durant le test ont été corrigés dans des patchs moins de deux semaines après la sortie du jeu. Le matchmaking est encore imparfait dans son fonctionnement et dans l'attribution des serveurs, sans que cela soit réellement problématique, et on peut faire confiance à Valve pour optimiser au mieux son système au fil des mois.

Restant maître dans l'art d'induire la coopération, Left 4 Dead 2 est un très bon FPS multijoueur que ses caractéristiques rendent unique, aussi bien vis à vis de son prédécesseur que de ses concurrents. Malgré son développement accéléré, c'est une expérience variée et intense au rythme parfaitement maîtrisé que nous offre ce jeu. On regrette la stupidité des bots et la pauvreté visuelle de certains décors, mais le système de démembrement, le gameplay parfaitement équilibré en versus, et la difficulté accrue en coopération compensent largement ces défauts marginaux. Avec ses cinq campagnes très différentes, ses nombreux modes de jeu distincts et sa ribambelle de nouveautés, ce titre offre de très nombreuses heures de divertissement. L'atmosphère lugubre de film d'horreur laisse sa place à une ambiance plus détendue et chaleureuse qui se retrouve dans les dialogues entre personnages et qui reflète le caractère plus jouissif de ce second opus. Les amateurs du premier Left 4 Dead trouveront une suite bien différente mais digne de l'original tandis que ceux qui abordent pour la première fois la franchise découvriront une expérience innovante et riche, et surtout un incontournable parmi les jeux de tir cette année.
Les plus
+ Ambiances de Hard Rain et Swamps+ Le démembrement
+ L'arsenal bien plus riche
+ Campagnes distinctes
+ Histoire cohérente
+ Gameplay plus fun
+ Mode Scavenge
+ Multijoueur asymétrique
+ Répliques d'Ellis
Les moins
- Les bots plus stupides- Certains décors pauvres
- Pas de changement de paradigme
Détails
- Nom
- Left 4 Dead 2
- Support
- PC
- Genre
- FPS
- Editeur
- Valve Software
- Développeur
- Valve Software
- Sortie
- 17 novembre 2009
- 17 novembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus






















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