PC Left 4 Dead


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Test de Left 4 Dead

Test du Dimanche 22 février 2009 par Artheval_Pe

''Valve prend son temps pour réaliser ses jeux, et il semblerait qu’avant même que l’entreprise de Gabe Newell ne rachète Turtle Rock Studios, les co-développeurs de Counter-Strike : Source avaient adopté la même philosophie. Left 4 Dead, secrètement en développement depuis 2005 est finalement sorti cette année et promettait beaucoup de choses : être réellement basé sur la coopération, mélanger le principe d’un jeu multijoueur rejouable à l’infini avec des aspects de jeu solo, et surtout proposer une expérience personnalisée et nouvelle à chaque partie grâce au réalisateur I.A. Dans son ambiance, il se voulait une synthèse vidéoludique des films de George Romero. Maintenant que le jeu est sorti, tient-il toutes ses promesses, ou est-ce simplement un autre titre coopératif parmi d’autres ?''

14 JOURS PLUS TARD

Contrairement à la plupart des jeux Valve, Left 4 Dead ne s’embarrasse pas d’une narration importante, d’évènements scriptés et d’une longue introduction à la première personne. Le titre est conçu pour être joué à l’infini et donc a été très allégé sur ce point, pour éviter la reproduction plusieurs milliers de fois pour le même joueur de faits ou de dialogues bien précis. La seule introduction est une cinématique ayant servi de trailer qui sert à apprendre au joueur certaines mécaniques du gameplay, présente les quatre personnages, et c’est tout. Le contexte est simple : 4 survivants doivent se tailler un chemin au travers d’une horde de zombies pour survivre et fuir les infectés. Les dialogues changent selon la partie, et même s’ils piochent dans une base limitée de répliques, celles-ci sont bien souvent délivrées différemment, ou bien pas du tout, selon la situation dans le jeu et la position des personnages. Les hauts et les bas dépendent du réalisateur I.A., qui fait apparaître les zombies spéciaux et lance certaines des vagues d’infectés communs, mais aussi des joueurs eux-mêmes dont la maladresse peut les conduire à attirer des zombies communs en faisant exploser un Boomer ou en déclenchant une alarme de voiture. L’expérience n’est donc jamais monotone, et son rythme est différent chaque fois. Les développeurs appellent cela une histoire générée de manière procédurale, mais même si la suite d’évènements ayant lieu à chaque partie est effectivement différente, rien dans la nature de ceux-ci ne change. Les amateurs de jeux où l’histoire se trouve au centre seront déçus tandis que les autres apprécieront un jeu à la fois répétitif, mais également toujours unique dans son déroulement. Plutôt qu’une histoire, ce sont des scènes d’action qui sont générées de manière procédurale. Techniquement, c’est peu commun, mais d’un point de vue narratif, ce n’est pas une innovation majeure dans le média. Mais ici, la technique sert le gameplay et le concept du jeu.

FRANCIS, EST-CE QUE ÇA RESSEMBLE A CHEZ TOI ?

Le principe du jeu est réminescent des premiers FPS : On à un point de départ, un endroit où se rendre, et entre les deux, des ennemis à massacrer, mieux, des zombies. Mais c’est dans les détails que Left 4 Dead se distingue. Le jeu est conçu exclusivement autour de la coopération. Beaucoup de titres, surtout sur consoles, incluent quelques fonctions liées, en particulier la possibilité de ressusciter ses camarades, mais le produit de Valve est bien plus travaillé que cela. Tout d’abord, la masse d’infectés communs implique la présence de plusieurs survivants pour être capables de les repousser. Au-delà de ceux qui vagabondent dans les rues, c’est une horde d’une trentaine de zombies en train de courir qui peut surgir par moment. Mais ce sont surtout les zombies spéciaux qui forcent la coopération. Un smoker ou un hunter peut totalement incapaciter un survivant, rendant celui-ci sans défense, totalement dépendant de l’aide de ses camarades pour pouvoir retourner au combat. Mais la capacité qu’ont la Witch et le Tank de mettre à terre un personnage en un instant est également déterminante. La première est dangereuse par son attaque très efficace et rapide, mais peut être facilement neutralisée par un joueur compétent, tandis que le second nécessite que toute l’équipe fasse feu conjointement pour pouvoir être tué. Capable de jeter des objets incapacitant le joueur touché, ou de faire d’énormes dégâts avec son attaque de mêlée, cet ennemi est incontestablement le plus dangereux du jeu, et est redoutable contre une équipe peu soudée. De manière générale, un survivant mis à terre ou tombé d’un immeuble doit être relevé par un de ses camarades dans une action qui prend plusieurs secondes. De plus, les survivants peuvent se soigner les uns les autres, de même qu’eux-mêmes grâce aux medkits et aux pilules, ces dernières restaurant temporairement la santé. Ceci encourage chaque joueur à se préoccuper de la santé de l’équipe, et pas seulement de la sienne. Une coopération rapprochée entre les quatre joueurs est ainsi indispensable en faisant la campagne, et c’est cela qui distingue Left 4 Dead de la plupart des autres titres coopératifs, où la présence d’autres joueurs est totalement optionnelle. Les bots disponibles pour jouer hors-ligne ou pour compléter les équipes sont relativement efficaces et très rapides pour secourir leur prochain, mais trop incompétents pour espérer terminer le jeu dans le niveau de difficulté le plus élevé avec eux. Dès que la situation se dégrade, leur comportement devient inadapté et ils sont rapidement dépassés par les évènements, entrainant le joueur dans leur échec. Mais dans les modes de difficultés peu avancés, ils se révèlent suffisamment bien dirigés pour envisager jouer avec eux et ainsi apprendre l’architecture des cartes.

En termes de contenu, Left 4 Dead comprend à sa sortie 4 campagnes composées de 5 cartes chacune. Une campagne se termine en une trois quarts d’heure environ, avec des variations selon le mode de difficulté et la connaissance des cartes par les joueurs. Clairement orienté coopération et multijoueurs, le jeu est trop court pour quelqu’un à la recherche d’un titre exclusivement solo, mais ce n'est de doute manière pas la visée du titre.

LOUIS, TU DEVRAIS TE SOIGNER

Dans son gameplay, le jeu est à la fois très classique et inhabituel. On y descend des zombies par dizaines grâce à quelques armes différentes, en visant grâce à la crosshair, le jeu n’incluant pas d’ironsight à l’exception de la lunette de visée du fusil de chasse. Sachant que le moteur Source est parfaitement capable de gérer les ironsights, c’est apparemment un choix des développeurs pour garder une certaine intensité dans le gameplay. Du reste, le feeling des armes est bon, et on n’en attendait pas moins des développeurs de Counter-Strike Source. Chacune à une certaine dispersion de tir et des caractéristiques propres, ainsi qu’un très léger effet de recul. Les sons, très bien mixés et suffisamment forts, donnent de très bonnes impressions. Mais si une critique peut-être faite, c’est le manque de variété. 5 armes à feu sont disponibles en plus des pistolets, accompagnées de la possibilité de porter une bombe artisanale attirant les zombies ou un cocktail molotov mettant temporairement le feu à une zone donnée. Basiquement, on dispose d’un fusil à pompe et d’un uzi au départ, dont on peut trouver des versions améliorées sous la forme d’un fusil à pompe semi-automatique et d’un M16, qui se voient complétés par un fusil de chasse à lunette. C’est un arsenal adapté et efficace, mais qui manque un peu de variété, et gagnerait à être enrichi si les développeurs se penchaient dessus. Il est également possible d’effectuer une attaque de mêlée, qui fait très peu de dommages mais repousse les infectés, et est souvent indispensable pour faire face à une horde.

Le gunplay ne fait pas tout dans Left 4 Dead. En tant que survivant, gérer sa santé, celle des autres, savoir travailler en équipe et utiliser à bon escient bombes artisanales, cocktails molotovs et les quelques objets explosifs se trouvant dans l’environnement est tout aussi important que de savoir viser. Ce titre se démarques des autres de part les compétences différentes qu’il exige des joueurs, par rapport à un typique Call of Duty ou un plus avancé Battlefield. Savoir rester groupé, coordonner ses actions, aider, soigner ses camarades, et surtout choisir quand et comment le faire est indispensable pour jouer correctement. En ce sens, Left 4 Dead se révèle plus innovant qu’il en a l’air, en obligeant les joueurs à adopter de nouvelles habitudes, différentes de celles de mise depuis plus de dix ans dans la plupart des jeux de tir multijoueurs.

BOOMER !

En plus de la classique campagne coopérative, le titre comprend un mode nommé Versus. Il permet à une équipe de survivants d’affronter des infectés joués par des humains, qui prennent le rôle des zombies spéciaux. Les boomer, hunter et smoker sont ainsi disponibles dès le départ tandis que le tank apparaît à certains moments donnés et un des joueurs infectés doit en prendre le contrôle. La Witch quant à elle reste sous la charge de l’ordinateur, étant donné les contraintes trop importantes qu’elle poserait à un joueur (l’impossibilité d’attaquer hors de certaines conditions). Les joueurs infectés respawnent quelques dizaines de secondes après leur mort, afin de garder un certain équilibre entre les deux équipes. Au premier abord assez drôle, le rôle d’infecté est plus complexe qu’il n’y parait : Hormis le tank, les zombies spéciaux ont peu de points de vie, et se font abattre aussi vite que dans la campagne. C’est pour cette raison qu’en Versus, le travail d’équipe est tout aussi important chez les zombies. C’est au premier abord moins évident, mais il n’est possible d’avoir un quelconque succès contre les survivants qu’en coordonnant les attaques. Une horde générée par le Boomer est totalement inutile contre des joueurs bien coordonnés, mais elle offre une occasion idéale pour le smoker et les hunters pour venir incapaciter certains des rescapés à l’écart du groupe.

Le gameplay dans ce mode de jeu est également original. En tant que Boomer, le seul but est de se rapprocher des survivants et vomir dessus, ou se faire abattre près d’eux, ce qui réclame essentiellement de la tactique, tandis que les hunters doivent apprendre la technique lié à leurs sauts et leurs capacités, qui une fois maîtrisés, les rendent très rapides pour naviguer dans l’environnement. Le smoker est plus classique, son rôle étant d’attraper avec sa langue un survivant. Il n’a qu’à viser et prendre en compte la distance, sachant que le HUD indique si un adversaire peut être atteint ou non. Le tank enfin porte bien son nom et doit seulement prendre des décisions quant à comment atteindre les survivants, quand les poursuivre et quand utiliser sa capacité de lancer. Choisir où respawn sur la carte en infecté est également tout un art, certaines contraintes étant présentes tandis que le boomer a par exemple tout intérêt à apparaître le plus près possible des survivants.

Même si contrôler le tank peut permettre à un bon joueur de renverser la situation seul, le maître mot en Versus est la coordination, absolument nécessaire parmi les infectés ainsi que chez les survivants qui ont affaire à des zombies spéciaux souvent plus vicieux que ceux contrôlés par l’I.A. Même si la coopération entre joueurs est préférable pour réussir dans d’autres titres, Left 4 Dead est un des rares qui la rend systématiquement indispensable et pousse les joueurs à travailler en équipe, que ce soit en campagne ou en versus. Pour cela, il se révèle être un titre intéressant, car faisant évoluer le genre du FPS multijoueur, de par ses exigences vis-à-vis des joueurs.

MOLOTOV, PAR ICI !

Techniquement, le jeu est très bien fini. Il n’y a pas de bugs notables et les rares existants ont été et sont systématiquement corrigés automatiquement grâce à Steam. Le netcode est plutôt bon, permettant aux parties de rester fluides la plupart du temps. Certains défauts mineurs peuvent cependant être notés : Le système de matchmaking peut envoyer sur des serveurs trop éloignés géographiquement, ou administrés par des idiots ; de plus, voir la valeur du ping remplacée par un indicateur de connexion dans l’interface est ennuyeux pour les adeptes de longue date des jeux en ligne. De manière générale, le choix du remplacement du navigateur de serveurs par du matchmaking automatique est pertinent vu le faible nombre de joueurs dans chaque partie, et il rend l’expérience plus abordable pour les nouveaux joueurs, mais il prive les gamers d’un certain contrôle, et occasionne quelques couacs précités.

Le moteur Source n’est plus à la pointe de la technologie comme il l’était il y a quelques années, mais il n’a pas si mal résisté au temps. L’inclusion de techniques récentes garde le jeu relativement joli, et les personnages sont finement réalisés, mais le rendu final n’est pas aussi satisfaisant que dans certains titres plus récents : certaines textures ont une résolution trop faible, le fait de ne voir la lumière que de sa propre lampe-torche peut faire drôle et les personnages peuvent avoir l’air d’être faits de plastique. Les animations lorsque les survivants se soignent ne sont pas calées sur eux, et certains éléments semblent trop peu détaillés, comme les arbres ou les plants de maïs. Les environnements ont une destructibilité limitée, mais meilleure que dans les précédents titres Valve. Il est enfin possible de détruire les portes et le moteur physique toujours aussi efficace et bien codé rend l’environnement très réactif.

Mais pour ses quelques défauts graphiques, le jeu a d’autres points forts. Le mélange d’animations et de physique de ragdolls chez les infectés offre un rendu final très convainquant de leurs mouvements. L’ambiance du jeu est également particulière et bien constituée, grâce à la musique dynamique, aux décors inspirés et à quelques effets de post-processing bien choisis. De plus, le Source Engine reste très bien optimisé, et Left 4 Dead est encore capable de tourner sur des ordinateurs inférieurs à sa configuration minimale requise, tout en offrant un rendu fluide à tous les joueurs.

8

A cheval sur deux genres, Left 4 Dead aurait pu être un jeu maladroit. Mais loin du gimmick ou des grandes idées, il donne dans l’innovation douce, et tend plus à changer les joueurs et leur approche que le genre en lui-même. Finement réalisé, innovant dans ce qu’il exige des joueurs et maîtrisant complètement le concept de coopération, c’est un titre bien parti pour s’affirmer comme une nouvelle référence en ligne, d’un type de jeu bien particulier pas vu auparavant. Mais cela ne sera possible qu’à la condition que le suivi après le lancement soit aussi régulier que pour Team Fortress 2. En effet, bien qu’il soit suffisamment garni pour le moment, Left 4 Dead est à l’heure actuelle trop juste en contenu pour pouvoir rester attractif plusieurs années. Mais avec Valve à la barre, il y a de bonnes chances pour que ce défaut soit remédié dans de futures mises à jour gratuites.

Les plus

+ Tuer des zombies est toujours fun
+ Le jeu est vraiment co-op
+ Innovant dans ce qu’il exige des joueurs
+ Gameplay bien maîtrisé coté survivants
+ Et nouveau coté infectés en Versus

Les moins

- Contenu insuffisant à long terme
- Moteur graphique qui prend de l’âge
- Le Matchmaking a quelques défauts

Détails

18+
Nom
Left 4 Dead
Left4Dead
Support
PC
Genre
FPS
Editeur
Valve Software
Développeur
Turtle Rock Studios
Sortie
18 novembre 2008
18 novembre 2008 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Le première console de jeux vidéo fut commercialisé en 1971. Son nom ? Odyssey.