PC Gears of War


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Test de Gears of War

Test du Samedi 21 février 2009 par Artheval_Pe

Gears of War fut un hit incontesté sur Xbox 360 où il s'est illustré à la fois par ses ventes et par l'accueil quasi dithyrambique de la critique. Développé par un studio plus connu pour ses jeux multijoueur, le titre a montré qu'EPIC Games savait toujours construire une campagne solo et un univers original. Avec ses graphismes magnifiques, son rythme haletant et son univers sombre, le jeu a su passionner. Mais un an plus tard, un portage après, et avec du contenu en plus; Gears of War trouve sa place sur le PC, une plate-forme où les standards pour les jeux de tirs sont différents, et où le mot next-gen ne revêt pas de pertinence.

LES TEMPS SONT DURS SUR SERA

L'histoire n'a pas réellement changé par rapport à la version console du jeu, à l'exception d'une section créée par le développeur polonais People Can Fly dans laquelle on a l'occasion de combattre un Brumak. On est donc plongé de nouveau sur la planète Sera, aux commandes de l'énorme Marcus Fenix, dans une mission pour sauver l'humanité désespérée, en trouvant un résonateur pour cartographier les grottes des ennemis Locustes avant de pouvoir leur y laisser une bombe light-mass en cadeau. L'histoire est donc assez simple, voire même presque simpliste. Elle n'est là que pour justifier les jolis décors en ruines, la présence de Locustes moches et les fusillades incessantes. On ne lui en demandait pas forcément plus, mais c'est un peu décevant de la part d'un blockbuster de ce type, alors même que de nombreux titres ont montré depuis longtemps qu'on pouvait mêler gameplay guerrier et histoire intéressante.

Ici, la narration est assez mal gérée, le jeu comprenant une introduction qui ne se lance à partir de l'écran d'accueil que lorsqu'on y est inactif un certain temps ; a moins de le savoir, on a de grandes chances de ne voir l'introduction qu'après avoir terminé la campagne solo. Du reste, le gros de l'histoire est exposé au travers de cinématiques assez courtes, et des dialogues in-game de Marcus avec ses supérieurs ou ses coéquipiers. Cela donne au personnage principal une réelle personnalité marquée, ce qui n'est pas si fréquent dans un shooter, mais celle-ci n'a pas réellement l'occasion de s'exprimer de manière intéressante dans ce contexte. Le déroulement du jeu est celui d'une seule longue opération militaire menée par la Delta Squad de Fenix, comprenant quatre soldats, dont l'identité change au fil des pertes.

S'EN TENIR AUX BASES

La conception de Gears of War est assez simple. Il s'agit d'un jeu de tir à la troisième personne, totalement linéaire, à l'exception de certains segments pouvant être traversés par deux chemins différents contigus. Les champs de bataille sont parfois semblables à des arènes, dans lesquelles on entre avant de voir les ennemis envahir les lieux. Le reste du temps, les environnements sont plus classiques, et permettent d’abattre des Locustes placés un peu partout. Le gameplay est ponctué par les cinématiques et comprend un court segment aux commandes d'un véhicule, sur une route très étroite toute tracée. L’ensemble est très classique, mais plutôt efficace, même si le tout manque de variété.

On contrôle un seul personnage, accompagné de trois autres soldats, ou parfois d'un seul. La présence des coéquipiers a son importance pendant les combats, mais leur tendance à systématiquement se faire descendre en fonçant dans le tas peut devenir très ennuyeuse. On est contraint soit de finir le combat, soit de les rejoindre pour les mettre sur pied, sans quoi ils finissent par mourir et on retourne au précédent checkpoint. Heureusement, on dispose d’une éternité avant qu’ils ne meurent définitivement, ce qui permet généralement d’achever seul les ennemis. Les checkpoints se révèlent d'ailleurs parfois particulièrement mal placés, lorsqu'ils se situent trop loin avant un combat particulièrement ardu et imposent l’écoute de dizaines de secondes de mauvais dialogues. En bref, Gears of War est joué à la troisième personne, mais utilise toutes les conventions d'un FPS. Il peut devenir frustrant de par sa linéarité très importante qui ne sert jamais à une quelconque mise en scène in-game remarquable, et réanimer des alliés presque inutiles se fait souvent sentir comme quelque chose de presque superflu.

A COUVERT !

Malgré la très grande conformité de sa conception générale, Gears of War se distingue par une innovation reprise d’un autre titre, et qui s'est vue souvent clonée par la suite : Le cover system, ou système de couverture. Il s'agit d'une fonction, qui permet, lorsqu'on presse une touche, de faire en sorte que le personnage se colle contre l'élément de couverture le plus proche, en fonction de la forme de celui-ci, afin de se protéger du feu ennemi. Cette addition est intéressante et fonctionne très bien dans le cadre de ce jeu. Elle souffre cependant d'imperfections de conception : Que ce soit sur la version PC ou Xbox 360, le même bouton sert à la fois à se mettre à couvert, sauter par-dessus un élément du décor, faire une roulade vers l'avant et partir en courant lorsqu'on le garde appuyé. Et, sur les deux plateformes, cela peut poser des problèmes : On va se coller au mur au lieu de courir, faire une roulade avant au lieu de se cacher, ou passer par-dessus un mur au lieu de se détacher. Le système de couverture est très complexe et offre énormément de possibilités, mais il est vraiment pénible qu'elles ne soient toutes liées qu'à une seule touche sur PC alors qu'une centaine sont à disposition sur un clavier. Cela sent le port mal adapté, d'autant plus que de manière générale, les contrôles du jeu donnent un ressenti console et sont inutilement restrictifs.

Le gunplay est bien pensé et toutes les armes sont originales et donnent de bonnes sensations. Cependant, l'arsenal n'est pas très fourni, et offre peu d'armes de type similaire, se coupant ainsi d'un certain raffinement du combat. Les grenades sont inhabituelles, leur lancer étant très courbé et leur future trajectoire montrée à l'écran lorsqu'elles sont en main. Cela semble peut-être adapté sur console, mais est totalement inutile sur PC et se révèle souvent très peu efficace, voire même carrément une idée maladroite. Quant à la santé, elle se régénère automatiquement lorsqu'on ne se fait pas toucher. Une mécanique intéressante est celle du rechargement actif : en pressant une seconde fois le bouton de rechargement au bon moment, on peut raccourcir le geste ou au mieux augmenter la puissance du prochain tir. De manière générale, le gameplay de Gears of War est celui d'un tactical shooter de SF. On ne peut foncer les armes à la main, et il faut bien penser certaines batailles et gérer des armes ennemies pouvant tuer en un tir, mais il est au final un peu trop répétitif et peu adapté à la plate-forme, même si quelques boss et quelques passages originaux viennent corser la sauce.

ROUAGES GRIPPES

Bombe graphique en 2006 sur Xbox 360, le portage PC a eu le malheur de sortir à la même période que des titres comme Crysis et Call of Duty 4, et après le mal fini mais extrêmement détaillé STALKER. L'Unreal Engine 3 est toujours là, toujours beau et le jeu peut être encore plus détaillé avec une machine adaptée, mais Gears of War fait figure sur PC de joli jeu, pas de claque visuelle. Il est également desservi par des cartes offrant peu de visibilité, et peu de vues réellement saisissantes. La direction artistique très particulière est clairement assumée et donne un aspect intéressant au titre, avec ses couleurs très sombres et usées bien en phase avec l'univers dépressif du jeu. On retrouve également un aspect gore important, caractéristique du studio et qui est bien utilisé et très jouissif ici, offrant une gratification visuelle lors des combats réussis. Cependant, les décors dévastés post-apocalyptiques de villes anciennes sont peut-être exotiques pour les joueurs américains, mais de ce coté de l'Atlantique, ils ressemblent beaucoup à certains lieux familiers qui auraient été endommagés. Les environnements sont ainsi en grande partie peu originaux pour un jeu sensé se passer sur une autre planète. Seules les grottes et le combat sur le train se distinguent visuellement comme extraterrestres. La musique est inégale, comprenant quelques thèmes très bien inspirés et améliorant le ressenti de l'univers du jeu, mais pouvant devenir aussi trop lourde par moments.

Techniquement, le jeu est ravagé par des défauts découlant d'un port mal codé. Le très joli moteur graphique a des problèmes d'optimisation monstrueux, pouvant faire chuter le framerate dramatiquement pendant certains combats, ou parfois même au milieu d'un couloir sans aucune raison, et des pauses d'une à deux secondes peuvent parfois avoir lieu. Cela est d'autant plus frustrant quand Unreal Tournament III, sorti à la même période et utilisant le même moteur, peut fonctionner avec un niveau de détail supérieur et un framerate de 60fps, sur la même machine. De plus, le jeu connait quelques bugs très ennuyeux, comme le personnage pouvant rester bloqué inexplicablement en un point, et il y a eu de nombreuses plaintes à propos de plantages systématiques vers le bureau ou de jeux ne démarrant même pas. Cela est pénalisant étant donné que peu de patchs sont sortis et que des problèmes connus n'ont pas été réglés, EPIC ne fournissant apparemment plus de support technique pour le titre.

6

Gears of War est un port tardif d'un jeu spécifiquement conçu pour une console, et cela se sent. Malgré l'ajout d'un segment relativement consistant, le titre est pénalisé par le manque d'efforts dans son adaptation. Le jeu est en effet pataud sur PC, inadapté dans ses contrôles et dans certaines fonctions, et il semble avoir été bâclé techniquement. Comprenant quelques idées intéressantes et servi par une bonne direction artistique, il a d'indéniables qualités, mais qui ne sauraient faire oublier sa conception en partie datée, et ses multiples défauts techniques.

Les plus

+Le cover system
+Marcus Phoenix
+Quelques beaux visuels
+Le gore

Les moins

-Contrôles mal adaptés
-Répétitivité
-Les bugs rédhibitoires
-Histoire trop basique

Détails

18+
Nom
Gears of War
Support
PC
Genre
Action
Editeur
Microsoft Game Studios
Développeur
People Can Fly
Sortie
09 novembre 2007
06 novembre 2007 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

Exidy Games lance Death Race 2000 en 1975, un jeu d’arcade de course automobile inspiré du film du même nom sorti en 1975 (mis en scène par Paul Bartel, avec David Carradine et un Sylvester Stallone débutant, sorti en France sous le titre « Les seigneurs de la route »). Le joueur gagne des points en écrasant des piétons (comme dans le film !), et de nombreuses voix s’indignent contre le produit, qui est rapidement retiré du marché ... l'ancètre de GTA ?