PC Fallout 3


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Test de Fallout 3

Test du Dimanche 22 février 2009 par Artheval_Pe

Plus de dix ans après la sortie du premier Fallout sur PC, la série de RPG tactiques de Black Isle Studios a finalement droit à une nouvelle itération, réalisée non pas par le développeur original, mais par Bethesda, nouveaux propriétaires de la franchise. L'héritage de ce jeu débridé, très mature, à l'humour particulier et à l'univers complexe pouvait sembler mal placé entre les mains des auteurs d'Oblivion, plus spécialisés dans la fantasy. Mais Fallout 3 est enfin là, et en profite pour passer à la troisième dimension et aborder les consoles. Voyons s'il s'agit d'un digne successeur, d'un portage récent d'un concept ancien, ou d'un titre qui ignore les attentes.

BIENVENUE DANS LES TERRES DESOLEES

Avec le changement de développeur, l'univers du jeu a également changé de cote. Abandonnant la rive ouest des Etats-Unis des précédents opus, il place l'action à l'autre bout du pays, dans la capitale Washington DC. Reprenant l'environnement dévasté des précédents opus, ce nouveau titre offre une variété appréciable entre souterrains, abris abandonnés, bâtiments dévastés, environnements urbains et grandes étendues ouvertes. Un nombre appréciable de petites villes et de lieux dignes d'intérêts habités peuplent les terres désolées de la capitale tandis que le centre-ville est contrôlé par les insupportables super-mutants.

On incarne à nouveau un habitant d’abri, fils du médecin du Vault 101 et parti dans les terres désolées de la capitale à la recherche de son père sorti des lieux, et suite à des évènements tragiques au sein de l’abri. L’enfance est vécue de la naissance jusqu’à 18 ans, de manière fragmentaire, et sert d’introduction et de tutorial pour le jeu, avant d’aborder à la guise du joueur la vie dans les wastelands.

L'histoire du jeu est entièrement perçue par le personnage principal via les dialogues des personnages, des scènes scriptées et certains objets tels que des livres ou des enregistrements audio. Elle est divisée dans sa construction en deux parties : La quête principale, lancée après le tutorial que forme la première heure de jeu, et les quêtes secondaires qui sont attribuées au fil de l'expérience. La trame principale, bien qu'intéressante, dure aussi longtemps que la campagne d'un FPS, ce qui est relativement court. De plus, étant centrée sur une histoire principalement familiale, elle ne s'avère pas aussi passionnante et profonde que celles des deux titres précédents. Mais ici, elle sert principalement à amener les joueurs à explorer l'univers immense du jeu et à leur faire découvrir des quêtes secondaires. Et c'est là que Fallout 3 se distingue : La quantité de ces missions secondaires est considérable, et la plupart partent d'une simple demande d'un personnage pour se complexifier en plusieurs arcs nécessitant de réaliser des taches multiples à des endroits divers. De plus, chacune peut être menée de différentes manières et comprend plusieurs fins possibles, donnant énormément de choix au joueur.

Le choix est ainsi la clé de la conception de Fallout 3. Bien qu'ayant abandonné la plupart des possibilités les plus matures et immorales présentes dans les deux premiers titres, cet opus laisse toujours au joueur une latitude considérable dans ses actions. Chaque acte a ses conséquences dans le jeu et deux manières différentes de jouer pourront changer complètement l'expérience, ne serait-ce qu'en termes de quêtes accessibles. Les ennemis dans la première partie jouée deviendront des alliés dans l'autre et l'univers sera accessible d'une manière complètement différente. Sans offrir une histoire principale extrêmement recherchée, profonde ou complexe, le titre propose des dizaines de longues quêtes secondaires, toutes comprenant des implications morales et parfois philosophiques dans les choix qu'elles proposent et les actions qu'elles vont conduire à réaliser. Tout en distillant au compte-gouttes son histoire et ses détails un peu partout dans l'univers, Fallout 3 se distingue surtout comme étant un jeu où les choix du joueurs sont essentiels, et qui de par son contexte post-apocalyptique aborde des dizaines de problématiques différentes toutes dignes d'intérêt et sur lesquelles le joueur peut réfléchir lors de sa prise de décision. Il fait ressentir les conséquences de ses actes, les mesure mais ne les juge pas réellement, et est ainsi capable de délivrer une expérience narrative pas d'une finesse extrême dans sa réalisation, mais qui tire avantage du média et s'avère originale.

PAIX, LIBERTE, ET Å’UFS AU BACON

Fallout 3 n'est pas une première, mais est tout de même massif en termes de conception. Construit sur la base d'une immense carte de plusieurs kilomètres de coté, l'univers du jeu se charge en streaming au fil des déplacements du joueur. C’est une possibilité très agréable et que la technologie ne permet que depuis peu de temps. Des temps de changements très courts sont toujours imposés en rentrant dans des bâtiments, et ils peuvent être un peu plus longs lorsqu'il s'agit de sortir du métro ou de rentrer dans un immense complexe, mais dans l'ensemble, le jeu donne une liberté très appréciable. Celle-ci est cependant limitée dans le centre de Washington DC, qui n'est accessible qu'en utilisant les souterrains dévastés du métro. C'est une contrainte parfois désagréable et qui peut désorienter la première fois qu'on se rend compte de son existence, mais qui est imposée par des exigences techniques.

La carte est parsemée de lieux marqués, de villages et de petites villes. Les villes comprennent une large population et abritent généralement au moins un magasin, un lieu pour se soigner et l'équivalent d'un bar, ainsi que divers lieux uniques. On peut y trouver un lit ou passer la nuit, et il est possible d'acheter ou de se faire offrir une résidence permanente dans l'une d'entre elles. La population des villes et des villages est séparée entre personnages avec qui on peut dialoguer et PNJ générés aléatoirement. Les premiers donnent des informations sur le lieu ou l'univers et servent aussi de donneurs ou de cibles de quêtes diverses et variées. Ces dernières, au cœur du jeu, sont rarement simples et impliquent bien souvent de parcourir la carte et de trouver plusieurs objets ou personnes, et incluent généralement des dialogues souvent informatifs sur l'univers du jeu. Il est ainsi possible d’accéder à un grand nombre de lieux différents, et à des personnages uniques à travers toute la carte, ce qui renforce l’intérêt de l’exploration et rend l’expérience toujours intéressante.

En parcourant la carte, on tombe généralement sur les ennemis qui la parsèment. La plupart des bâtiments abandonnés font offices de "donjons" qui restent vides une fois nettoyés tandis que la carte est toujours peuplée d'ennemis qui réapparaissent lorsqu'on l'explore. Ces derniers varient, entre mercenaires, bandits stupides et bêtes sauvages, mais peuvent devenir coriaces dès qu'il s'agit de Super-mutants, de soldats de l'Enclave ou de certaines créatures. Heureusement, un système de voyage rapide facilite les déplacements et évite les rencontres systématiques : Il est possible via le pip-boy de se rendre instantanément à tout endroit marqué sur la carte qui a déjà été visité, évitant des allées et venues qui deviendraient très rapidement pénibles.

Le pip-boy, justement, est l'interface fixée au poignet du personnage, qui sert à gérer les aspects RPG du jeu. En effet, au fil de la progression, on accumule des points d'expérience qui permettent à chaque changement de niveau d'augmenter des compétences et d'acquérir des atouts particuliers. De plus, il permet de gérer le très large inventaire limité en poids, d'écouter les émissions radios captées et de lire textes et messages audio. C'est l'interface à tout faire lorsqu'il s'agit de gérer le personnage. Plutôt trop complexe et comprenant trop de menus au premier abord, elle s'avère plutôt intuitive à utiliser une fois quelques détails compris et l'usage des touches F1 à F3 devenu une habitude. Le pip-boy est surtout un élément des précédents Fallout, indispensable pour gérer la complexité du jeu, et qui se démarque comme un élément de gameplay qui a su résister à la tendance à la simplification qui a pu être observée dans certains jeux multi-plateformes. L'inventaire classique de RPG des précédents titres a cependant été remplacé par une liste des objets, pour être adapté aux contrôles sur console. Il se révèle ainsi moins pratique sur PC qu'un inventaire classique, mais a le mérite de la cohérence esthétique avec le reste de l'interface du pip-boy.

PLUS 200 RADS

Le gameplay du jeu s'avère très varié. Laissant la possibilité au joueur de choisir ses caractéristiques, il permet des approches très différentes allant de la furtivité à l'assaut le plus violent en passant par l'enrichissement par le vol ou l'utilisation d'un ou deux alliés mercenaires pour mener les combats. Mais il est centré au moins sur une chose : L'exploration et les dialogues. Explorer la carte permet d'acquérir objets divers, armes et informations, fait rencontrer de nouveaux personnages et marque de nouveaux lieux. C'est quelque chose de très agréable dans Fallout 3 grâce au nombre de lieux à découvrir et à visiter dans les terres désolées. Les dialogues sont menés à la première personne ; ils comprennent généralement des choix divers et sont conçus pour diviser l'exposition en textes plus courts faciles à assimiler.

Généralement, le titre laisse beaucoup de choix à l'utilisateur. La caméra est personnalisable, et même si la vue à la première personne par défaut est de loin la plus pratique pour jouer, il est possible de s'éloigner pour obtenir une vue de jeu de tir à la troisième personne en caméra rapprochée, ou même de RPG isométrique en éloignant la caméra à plusieurs mètres au dessus du personnage. Un des usages les plus pratiques de cette fonction est surtout de voir l'aspect de son personnage et de l'équipement porté, qui est totalement personnalisable et qui apparait sur l'avatar, qui peut être lui aussi choisi et ajusté au début du jeux. Vous voulez jouer un garçon à la tête ronde et à la peau verte ? C'est possible.

Le cœur du gameplay de RPG qui consiste à ramasser objets, ouvrir des portes, appuyer sur des boutons n'a rien de particulier, si ce n'est pour les portes qui, lorsqu'elles sont verrouillées, peuvent être la plupart du temps crochetées via un mini-jeux, et des ordinateurs qui peuvent être piratés de même, via un petit jeu de déduction. Le piratage est souvent indispensable pour avoir accès à un PC et permet bien souvent d'activer ou de désactiver des tourelles, d'ouvrir des portes, ou d'accéder à des informations. Un chien qui peut être trouvé vers le début du jeu peut faire office d'allié récurrent, mais les plus utiles seront les mercenaires qui pourront être engagés contre de l'argent ou les amis qui pourront décider de suivre le joueur lors de certaines quêtes.

Mais un aspect qui est beaucoup plus déterminant est le combat. Celui-ci peut être géré de deux manières, là encore, selon les désirs du joueur. Utiliser ses armes en temps réel est possible, et leur précision et dégâts sont déterminés par les points de compétence associés à leur utilisation, et l'état du matériel utilisé. C'est là que le jeu peut se révéler parfois pataud, les armes semblant naturelles à utiliser, mais donnant parfois des sensations étranges, dues à un très léger délai lors du tir et à leur précision variable. Mais Besthesda a imaginé un autre système, destiné en partie aux fans de RPG peu habitués aux contrôles à la première personne, le VATS : Arrêtant le temps pour permettre de viser une partie précise du corps ennemis, il associe un pourcentage de chances à la réussite de chaque tir et permet de planifier une série d'actions. Le système a été largement montré durant la campagne de promotion du jeu, il ne sera donc pas là décrit en détail, mais il est efficace, assez jouissif lorsqu'il montre les résultats et se révèle plutôt équilibré par rapport au tir en temps réel, en partie parce que le jeu a été calibré avec VATS en tête. Il ne devient en tout cas jamais ennuyeux, contrairement à ce qu'on aurait pu craindre.

L’immersion lors des combats à la première personne est très bien rendue. Des taches de sang floues viennent tacher l’écran en cas de combat à courte distance, les explosions secouent le personnage et le recul des armes est sensible. Les bruitages sont également très réussis, suffisamment puissants lors de l’utilisation des armes et très convaincants en cas d’explosion. Le titre profite ainsi de la perspective à la première personne pour affecter plus le joueur que ce qu’il est possible de faire avec une vue isométrique.

Difficile de décrire et de juger l'ensemble des aspects du Gameplay du jeu en quelques paragraphes tellement leur complexité est grande. Mais à l'image d'un Deus Ex, les quelques faiblesses dans certains détails de l'interaction dans Fallout 3 ne ternissent pas une expérience d'une profondeur et d'une diversité très grande, grâce aux multiples possibilités offertes.

DES PILES A FUSION ROUILLEES

Sans réussir à recréer l'atmosphère de ses ancêtres, Fallout 3 est doté d'un univers très stylisé, caractérisé par un humour noir bien particulier, et de très grandes influences des années 50 aux Etats-Unis. La musique diffusée par la radio GNR, l'aspect des voitures abandonnées, les robots tout clinquants et les ordinateurs rétros contribuent à créer une ambiance de monde post-apocalyptique inhabituel, un peu anachronique. L'élément joyeux qu'ils apportent au jeu, combiné à la personnalité de beaucoup des personnages rendent ce titre plutôt neutre dans son humeur, beaucoup moins dépressif et sombre qu'un STALKER par exemple. Mais Fallout 3 ne manque pas de personnalité pour autant. Le sol sec, les montagnes rocailleuses et les ruines de maisons en bois abandonnées, tous parcourus par des bandits de grand chemin et de petits monstres étranges contribuent énormément à l'immersion et à créer une atmosphère post-apocalytique tout à fait unique, étant même différente de celle de ses prédécesseurs. La musique, ayant moins de caractère que celles des précédents Fallout est cependant de bonne facture et immédiatement reconnaissable tandis que le design sonore s'avère très réussi, avec un doublage plutôt de bonne qualité.

Techniquement, les visuels se révèlent impressionnants de par la distance de vue et l'aspect bien particulier, stylisé de l'univers, mais ne sont techniquement pas très fins. Le moteur graphique étant une évolution de celui d'Oblivion, c'était assez logique. Le titre gère parfaitement le HDR, des effets de fumée d'excellente facture, et des textures et models détaillés. Mais malgré la beauté de certains effets, d'autres basés sur des simples sprites transparents peuvent parfois détonner et tout n'est pas parfaitement réalisé, en particulier l'animation, qui semble parfois assez robotique et qui est mal conçue lors des déplacement latéraux des personnages. Le jeu n'en reste pas moins très beau et bien optimisé, tandis que des packs de textures ont déjà fait leur apparition sur PC pour augmenter le niveau de détails de l'univers du jeu. Il a cependant connu de nombreux problèmes dus à des bugs et des incompatibilités de configuration, depuis réparables soi-même et largement arrangés par Bethesda dans ses patchs.

8

Fallout 3 n'est pas une vraie suite à ses illustres prédécesseurs, et c'était prévisible vu le changement de développeur. Se coupant de ses aspects les plus adultes, changeant de contexte et d'ambiance, le titre n'est plus un Fallout pour les fans les plus durs de la série. Mais Bethesda a su en faire autre chose : Un jeu à la première personne au gameplay et à l'histoire complexes et comprenant des implications profondes. C'est une magnifique synthèse de ce que les jeux vidéo peuvent proposer comme expérience, avec toutes les spécificités qu'offre ce média. De plus, avec une durée de vie colossale de par l'ampleur du contenu du jeu, un style artistique unique et un gameplay paradoxalement assez abordable, le titre a tout pour séduire. C'est une vraie réussite, que les quelques défauts présents ne ternissent pas, et qui pourra garder occupé pour de longues heures.

Les plus

+ Monde ouvert immense
+ Beaucoup de quêtes longues
+ Expérience différente selon les décisions
+ Atmosphère unique
+ Durée de vie énorme

Les moins

- Bugs avec certaines configurations
- Un gunplay parfois bizarre
- La quête principale trop courte
- Eloigné de l’esprit des originaux

Détails

18+
Nom
Fallout 3
Fall Out 3
Support
PC
Genre
A-RPG
Editeur
Bethesda Softworks
Développeur
Bethesda Softworks
Sortie
31 octobre 2008
28 octobre 2008 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 18 ans et plus

C'est en 1977 que Nintendo engage un jeune homme du nom de Shigeru Miyamoto qui deviendra dans le futur le personnage clé de l'entreprise.