PC Brink


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Test de Brink

Test du Lundi 23 mai 2011 par Artheval_Pe

Annoncé fin mai 2009 avec un teaser révélant le premier partenariat entre Bethesda Softworks et Splash Damage, Brink était le nouveau projet et la première franchise originale d'un studio fondé par des joueurs anglais, et connu pour les très réussis Wolfenstein : Enemy Territory et Enemy Territory : Quake Wars. Le nouveau-né ne daigna se montrer qu'à l'été où des présentations à la presse permirent de découvrir un jeu très prometteur. Ayant pour ambition de mêler solo et multijoueur dans une expérience innovante utilisant un nouveau système pour se déplacer dans les environnements, ce titre semblait aussi particulièrement beau et était attendu pour le printemps 2010. Mais de report en report, la date de sortie finit par être décalée au printemps 2011, tandis qu'il fut entre temps possible de jeter un coup d'œil à un jeu de plus en plus parti pour faire parler de lui. C'est finalement le 13 mai 2010, après plusieurs mois consacrés aux finitions et à l'équilibrage que Brink finit par être publié. Après plusieurs dizaines d'heures passées à y jouer, est-ce la révolution annoncée ou un autre FPS sans âme ?

Bienvenue sur l'Ark

En 2045, la majeure partie du monde a été affectée par la fonte des glaces due au réchauffement climatique. Le niveau des océans a augmenté, de même que le forces des phénomènes météorologiques, et les effets sur l'humanité sont considérables. C'est dans ce contexte que se déroule Brink, sur l'Ark, une île flottante privée et écologique construite pour être auto-suffisante. Sauf que la montée des eaux a conduit à un exode massif amenant 50 000 personnes sur l'Ark construite pour en abriter 5000. Plusieurs décennies après l'arrivée des "invités", tout le monde fait face aux conséquences de la catastrophe et de la manière dont la vie a évolué sur l'Ark. La majeure partie des travailleurs pauvres lutte pour une vie plus juste et la possibilité d'aller chercher l'aide du monde extérieur, tandis que la sécurité mandatée par les fondateurs tente de les en empêcher et cherche à contenir la rébellion. Libre au joueur de choisir son camp.

Malheureusement, ceux qui s'attendaient à une chronique complexe et profonde à la narration riche seront déçus. Brink parvient bel et bien à intégrer l'histoire à la fois dans la campagne solo et le mode multijoueur, mais seulement parce que l'intrigue se trouve être très limitée. Chaque mission est remarquablement bien insérée dans la continuité du scénario et se trouve avoir un sens, les objectifs correspondant à ce qui est dicté par l'intrigue. Mais au delà de cinématiques en fin et début de mission, ainsi qu'entre les objectifs, le jeu expose très peu son histoire, format oblige, et se contente d'en diluer une bonne partie dans des messages audio que seul le joueur impliqué se donnera la peine d'aller écouter. En solo, chacune des deux campagnes est introduite et conclue par une cinématique précalculée, mais tout cela laisse l'impression que l'Ark et son univers sont remarquablement sous-exploités. On perçoit de manière superficielle un conflit plutôt logique et bien pensé, mais le jeu ne va pas au delà. Seuls deux personnages principaux sont réellement identifiés et il n'y a évidemment pas de dialogues durant les missions. En effet, malgré ses apparences et prétentions, il s'agit d'un titre multijoueur avant tout.

Une campagne servant d'introduction

Brink inclut cependant une campagne dont le contenu est partagé avec le multijoueur : elle consiste à jouer dans un ordre précis chacune des huit cartes agencées dans une succession qui leur permet de faire sens et se montre étonnamment cohérente, d'autant que les objectifs eux-mêmes sont intégrés à l'histoire. Mais au vu de la conception du titre, il ne s'agit que d'un tutoriel avancé pour le mode multijoueur. En effet, on se retrouve à y jouer avec et contre des bots dont l'habileté progresse au fil de la campagne : alors qu'on fait face à de complets idiots durant les premières missions et que sa propre équipe se montre peu dégourdie, l'intelligence artificielle devient plus affutée faisant des dernières missions jouées un réel défi susceptible de forcer le joueur habitué des FPS à repenser ses tactiques, qui deviennent alors pas si éloignées de celles fonctionnant en ligne. On découvre ainsi une IA à géométrie variable, allant de la stupidité à un comportement particulièrement naturel et efficace.

En plus de la campagne jouable en solo aussi bien qu'en coopération ou même en versus à 8 contre 8, Brink propose un mode défis permettant de débloquer l'équipement et destiné à enseigner aux novices les bases du gameplay d'un jeu basé sur les objectifs. C'est l'occasion de perfectionner sa technique pour accomplir des objectifs sans se faire tuer, se déplacer rapidement en parkour avec un personnage léger, escorter un robot et enfin défendre une zone grâce aux capacités de l'ingénieur. Selon que l'on dispose des bases de ce type de gameplay ou non, ces courts défis seront plus ou moins instructifs, mais ils donnent en tout cas de bonnes habitudes pour le jeu en ligne. Ils sont réalisables en coopération, mais il faut les remplir seul (donc avec des bots) pour les valider, ce qui ne manquera pas de conduire certains à s'arracher les cheveux.

Le plat de résistance est en ligne

Qu'on ne s'y trompe pas, malgré ses velléités louables mais peu convaincantes d'être un jeu solo, coopératif et multijoueur, l'essentiel de l'intérêt de Brink se trouve en ligne dans les parties à huit contre huit sur des serveurs dédiés.

A l'instar de Team Fortress 2 ou des Enemy Territory, le gameplay de Brink est basé sur le travail d'équipe entre des joueurs aux capacités complémentaires, en vue de remplir un objectif. Ainsi, les cartes sont divisées en plusieurs parties chacune consacrées à un objectif nécessitant l'intervention d'une classe en particulier, bien sûr aidée par tout le reste de l'équipe. Sur Security Tower, par exemple, un soldier doit poser et défendre une charge explosive pour ouvrir la porte, puis un operative est sensé pirater un coffre-fort, qui une fois ouvert permet à un membre de l'équipe de prendre un code et l'amener à un panneau au fond de la carte pour ouvrir l'infirmerie. Le dernier objectif consiste à escorter le personnage sorti de l'infirmerie jusqu'au début de la carte, les medic ayant la responsabilité de le soigner lorsqu'il se trouve blessé par les ennemis. Le but de l'équipe jouant la sécurité consiste à empêcher les rebelles de réaliser tout cela. Les huit cartes disponibles sont conçues sur ce modèle et proposent des décors variés et très bien conçus où l'équilibrage entre les deux camps donne des chances à peu près égales à chacun. Leur faible nombre s'explique par leur taille et la nécessité de les concevoir précisément pour les rendre équilibrées. Elles comportent en outre de nombreux chemins et passage détournés que l'on découvre au fil du temps.

Chaque partie est relativement longue et réclame des tactiques et talents variés de la part des deux équipes, qui disposent de quantités d'options pour faire basculer l'affrontement à leur avantage grâce notamment à des objectifs secondaires : Il peut s'agir d'assembler une barricade en un lieu prédéterminé pour stopper l'avancée de l'équipe adverse, aussi bien que de construire un escalier servant de raccourci pour les assaillants. Chaque équipe a bien sûr la possibilité de détruire de telles constructions, à l'inverse par exemple des mitrailleuses fixes que les ingénieurs peuvent assembler à certains endroits précis. De plus, des postes de commandement placés sur la carte peuvent être capturés à volonté, permettant non seulement à toute l'équipe d'y changer d'arme et de classe, mais offrant surtout un bonus, généralement de santé ou d'approvisionnement.

Brink propose quatre classes principales aux capacités complémentaires, limitées par une jauge d'approvisionnement : Le soldier dispose d'une puissance de feu importante, et a pour mission de ravitailler ses coéquipiers en munitions. Le medic est évidemment chargé de soigner toute l'équipe en administrant des buffs de santé, ainsi que de ressusciter les joueurs à terre en leur lançant des seringues leur permettant de retourner à la vie. L'engineer quant à lui a pour fonction de sécuriser des zones grâce à sa tourelle et ses mines, mais il doit aussi aider son équipe en administrant des buffs de dommages. L'operative enfin, dispose des capacités des plus vicieuses : Il peut se déguiser en ennemi pour se déplacer incognito, mais aussi signaler les mines aussi bien que les ennemis. Il dispose de plus de grenades spéciales, ainsi que d'une bombe cortex implantée dans son cerveau et à activer une fois mis à terre. Dans l'ensemble, ces différentes classes sont assez équilibrées et toutes nécessaires, bien que différentes dans leur approche : le soldier et le medic sont utiles dès le début et accessibles au débutant, tandis que l'engineer ne se distingue réellement qu'après avoir acquis suffisamment d'expérience, tandis que l'operative est le moins aisé à manier mais peut se montrer redoutable et très utile à l'équipe entre de bonnes mains, et une fois complètement développé. Car Brink ne dévoile que peu à peu son contenu : les armes et leurs modifications sont accessibles définitivement après avoir réalisé les défis, tandis que les différentes tenues sont débloquées pour tous au fil de la progression de son premier personnage. Mais les possibilités d'amélioration de son personnage sont limitées par une capacité par niveau. Ainsi, pour utiliser chacune des classes à fond, il faudra à chaque fois créer un personnage différent. La corpulence ajoute une nouvelle variable à prendre en compte, car elle influence à la fois les déplacements accessibles au personnage aussi bien que les armes qu'il peut transporter. Ainsi, un personnage lourd peut disposer de miniguns mais ne peut escalader de murs et doit s'en tenir aux mouvements les plus basiques, tandis qu'un léger peut pleinement faire usage du S.M.A.R.T. et donc se déplacer en parkour à grande vitesse en s'appuyant sur les murs et en escaladant des hauteurs, mais il se trouve limité aux pistolets-mitrailleurs et aux armes de poing. Le medium est un bon compromis entre les deux, pouvant utiliser divers types de fusils tout en étant capable d'escalader les décors.

Il n'est pas possible de changer de personnage en cours de jeu ou même entre les parties sur un serveur, une démarche qui encourage clairement les joueurs à choisir leur spécialité et la manière dont ils vont jouer avant de se lancer. C'est frustrant pour ceux qui désirent pouvoir parfaitement s'adapter à la situation, mais assez efficace pour la plupart du temps construire des équipes solides où chacun est dans son rôle et le maîtrise. Ainsi, cela évite que toute une équipe passe ingénieur lorsque l'objectif principal le requiert et contribue à garder des équipes équilibrées où chacun contribue en fonction de la classe la plus avancée de son personnage. Bien sûr, il reste possible de choisir sa classe à volonté à n'importe quel poste de commandement. On regrettera cependant de ne pas pouvoir changer de personnage ou de corpulence entre deux cartes sur un même serveur sans avoir à le quitter. C'est une fonction qui serait bienvenue dans un prochain patch.

A l'instar de la plupart des FPS modernes, Brink propose de personnaliser ses armes à volonté en choisissant différents viseurs, cache-flammes, silencieux, poignées ou en ajoutant un chargeur à haute capacité ou un lance-grenades. Les possibilités de modification accessibles uniquement en dehors des parties sont les plus vastes proposées dans un FPS récent, et ont toutes des avantages et inconvénients, ce qui couplé au grand nombre d'armes, donne une très large gamme de choix dans la manière de descendre ses ennemis. Les possibilités de modification du personnage sont moins utiles mais toujours bienvenues, permettant à chacun de disposer d'un personnage unique, à partir d'un nombre limité de possibilités pour chaque caractéristique. Cela n'avait rien d'indispensable mais est malgré tout apprécié.

Dans l'ensemble, une telle conception donne un jeu facile à jouer car fondé sur les bases du FPS, mais extrêmement long à parfaitement maîtriser, grâce tant à la variété des classes et des possibilités de modification, qu'aux tactiques en équipe envisageables. Au delà de la conception du jeu et de l'équilibrage des classes, les sensations sont très bonnes, les bases du gameplay sont solides et l'expérience peut se montrer assez jouissive. Chacune des armes procure des sensations très appréciables dues à d'excellents bruitages et un recul perceptible, tandis que les effets de sang et l'apparition de la barre de vie des ennemis ne laisse aucun doute aux joueur sur l'efficacité de ses tirs. Les affrontements ne sont pas instantanés ce qui rend nécessaire de maîtriser ses déplacements, sa visée et de se montrer très rapide. Dans Brink, ce n'est pas forcément le premier joueur qui tire qui remporte un duel. Sans être révolutionnaire, le système S.M.A.R.T. est efficace. Il n'a pas une utilité flagrante dès qu'on lance le jeu, mais change de manière subtile et durable la façon dont on aborde les environnements. De plus, des petits mouvements appréciables tels que l'enchainement d'une glissade et d'un coup de pied permettent de mettre à terre des ennemis par surprise rapidement, rendant le combat de mêlée pas inutile pour quiconque sait le maîtriser. Les grenades sont peu puissantes par défaut afin de privilégier le talent des joueurs plutôt que leur capacité à les lancer en masse. Brink est dans l'ensemble un jeu multijoueur à la conception excellente où chaque détail semble avoir été réfléchi et testé avec soin. Surtout, c'est un titre qui même s'il est facile à prendre en main ne révèle vraiment son potentiel qu'en s'y investissant et promet ainsi d'offrir de nombreuses heures de divertissement à tous les amateurs de jeux de tir.

Le problème, c'est que la compréhension de Brink par les joueurs est très variable. En jouant en ligne, on alterne entre des serveurs où chacun travaille avec ses coéquipiers et se concentre pour faire gagner son équipe, avec d'autres où règne l'anarchie la plus complète à cause de joueurs ayant tendance à se désintéresser complètement de l'objectif. On sent que malgré les efforts de pédagogie de Splash Damage, ce titre pourrait souffrir de l'obstination de certains à ne rien écouter (pas même les autres joueurs) et l'aborder comme un Call of Duty. Heureusement, lors de notre test, il n'était pas particulièrement difficile de trouver de bons serveurs, et on espère qu'il en restera ainsi à l'avenir. Il convient cependant de garder à l'esprit que faire partie d'une communauté de joueurs ou avoir des amis ayant aussi le jeu permet de se protéger contre ce type d'aléas, mais aussi de tirer pleinement partie d'un titre pensé pour être joué en équipe.

On the brink of collapse

Visuellement, Brink est un jeu très réussi grâce à sa direction artistique particulièrement inspirée, mélangeant décors réalistes et personnages aux proportions exagérées. On pourrait pinailler sur des détails tels que l'absence de rim lighting qui fait que les personnages se détachent peu des décors, mais dans l'ensemble, il s'agit d'un titre extrêmement réussi qui propose des environnements très variés à l'architecture inspirée, entre les navires rouillés et les containers en ruine des bastions de la rébellion, jusqu'au réacteur immaculé et à la magnifique galerie commerciale de resort. Chaque carte a une atmosphère différente et une apparence vraiment distincte, ce qui est peu courant dans un jeu multijoueur, et donne à l'Ark une certaine consistance. Sur le plan technique, on regrette en revanche que le jeu final se montre moins impressionnant que ce qu'on avait pu voir lors des premières présentations. Certains effets tels que les molotovs sont un peu grossiers et l'éclairage semble moins subtil et réaliste que ce que l'on a l'habitude de voir sur les titres récents, tandis que l'animation n'est pas excellente. Malgré tout, Brink n'a rien d'un jeu laid comme vous pouvez en juger sur nos screenshots. Notez que le jeu des acteurs est assez mauvais, même en version originale.

En revanche, c'est bien sur le plan technique qu'il y a des choses qui fâchent. Une semaine après la sortie, on trouvait encore quelques bugs dont on se demande comment certains ont pu passer inaperçus, mais qui heureusement, sont tous en cours de réparation (coupures de son sur certaines cartes, crash du jeu une fois dans la barre des tâches, etc...). Si ceux-ci ne sont pas rédhibitoires, il en va autrement de l'état de Brink sur la plupart des cartes ATI/AMD. Lors de la sortie, beaucoup de possesseurs de ce type de cartes graphiques se sont trouvés avec un jeu quasi-injouable, tournant au mieux à une vingtaine d'images par seconde avec tous les paramètres au minimum. Et bien que le problème soit semble-t-il autant dû au constructeur et à ses drivers qu'à Splash Damage, il n'en est pas moins réel pour les possesseurs du jeu. Chez Nvidia, c'est mieux, la plupart des joueurs étant satisfaits de leur performances. Sachez que sur notre configuration de test renfermant une Nvidia GTX 285, Brink tourne tout à fond et fournit entre 40 et 50 images par seconde la plupart du temps.

8

Brink n'est rien de moins qu'un excellent jeu multijoueur qui satisfera les gamers souhaitant s'investir dans une expérience complexe et intéressante pendant des dizaines d'heures en ligne. Très bien conçu pour promouvoir efficacement le travail en équipe entre inconnus, il propose un mode basé sur des cartes à objectif multiples qui change agréablement de ce que propose la concurrence. Et avec son gameplay jouissif, nerveux et varié, enrichi par les vastes possibilités de modification des armes, ce titre se montre appréciable aussi bien pour les sensations qu'il offre que pour les possibilités tactiques qu'il propose. La direction artistique particulièrement réussie, associée à des graphismes de bonne facture ne gâche rien. En revanche, il n'y a pas grand chose à attendre de la campagne solo qui n'est qu'un entrainement de luxe à l'histoire minimaliste, complété par des cartes défis plus instructives. De plus, quelques bugs et des problèmes rédhibitoires sur certaines cartes graphiques viennent ternir le tableau. Malgré tout, il s'agit d'une des meilleurs expériences multijoueur de ces dernières années, dont on espère qu'elle sera enrichie au fil des mois par les développeurs.

Les plus

+ Conçu pour le teamplay
+ La direction artistique
+ Long à maîtriser
+ Les sensations de tir
+ Des cartes variées
+ S.M.A.R.T.
+ Les modifications des armes
+ La conception des cartes
+ Des objectifs variés

Les moins

- Des bugs
- Marche mal sur les cartes ATI
- Histoire peu intéressante
- Frustrant quand les autres joueurs ne jouent pas en équipe

Détails

16+
Nom
Brink
Support
PC
Genre
Action
Editeur
Bethesda Softworks
Développeur
Splash Damage
Sortie
13 mai 2011
14 mai 2011 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

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