PC Blacklight : Tango Down


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Test de Blacklight : Tango Down

Test du Vendredi 23 juillet 2010 par Artheval_Pe

Connus pour avoir créé la série Spec Ops récemment déterrée, mais aussi pour avoir conçu quelques jeux ratés, Zombie Studios n'est pas une entreprise au pedigree impressionnant. Alors quand le studio a annoncé un partenariat avec une filiale de la Fox sur un grand projet de FPS futuriste, il a suscité la curiosité... jusqu'à l'annonce quelques mois plus tard que Blacklight : Tango Down serait finalement un FPS multijoueur distribué en téléchargement. Exit le projet ambitieux, place à un titre budget qui veut avoir tout d'un grand et édité par Ignition Entertainment. Après s'être montré très convainquant sur Xbox 360, le jeu a fini par débarquer sur PC quelques jours plus tard et l'éditeur a décidé de nous envoyer un code pour le tester, nous donnant ainsi une occasion de voir comment se comportait ce FPS sur la plateforme qui a vu naître le genre. Alors, port maladroit ou nouveau jeu de tir sympathique ?

Un scénario dans un FPS guerrier en ligne ?

Malgré le fait qu'il s'agisse d'un titre multijoueur, Blacklight : Tango Down a droit à un scénario probablement récupéré sur le cadavre du projet d'origine : dans un futur proche post-apocalyptique, les forces spéciales du Blacklight affrontent la milice paramilitaire de l'Order dans le monde entier. Et ce sont donc ces deux factions que l'on aura l'occasion d'incarner de manière aléatoire en multijoueur, sans que rien ne les distingue au niveau du gameplay, seule leur apparence et leur couleur étant légèrement différentes. Le mode coopératif Black Ops se concentre quant à lui sur les militaires du Blacklight pour lesquels il est demandé de réaliser quelques missions sans réel intérêt narratif.

Tous les détails supplémentaires sont détaillés sur le site officiel du jeu et dans la rubrique aide du programme, qui précise également les règles des différents modes proposés. Le tout est succinct et un peu froid mais évite au moins aux développeurs de perturber les parties avec des aides inutiles.

Copier un peu, c'est un hommage, copier beaucoup, c'est embêtant

Coté conception, on appréciera la variété de règles différentes proposées dans les différents modes de jeu, sauf que ceux-ci ne tiennent pas vraiment de la découverte : On retrouve les traditionnels Deathmatch, Team Deathmatch, Last Man Standing et la variante Last Team Standing tandis que Capture the Flag est camouflé en Retrieval. Et les deux autres modes à disposition sont des reprises directes de ceux des derniers Call of Duty : Domination se joue exactement de la même manière que dans Modern Warfare 2, en proposant de capturer et conserver le contrôle de trois points, mais ajoute la possibilité de les pirater pour les capturer plus vite et les rendre imprenables pendant un court instant. Detonate est quant à lui une reprise de Sabotage : Une bombe neutre se trouve au centre de la carte et chaque équipe doit tenter de la récupérer pour aller la poser dans la base adverse. En d'autres termes, pour quiconque a déjà joué à divers FPS en ligne ces trois dernières années, il n'y a rien de bien nouveau du coté des modes de jeu.

Pire, durant notre session de test, Blacklight : Tango Down était tellement déserté que quel que soit le moment de la journée, il a été impossible d'essayer autre chose que du (team) deathmatch en multijoueur. Si les ventes ne décollent pas, il ne faudra donc pas compter jouer aux autres modes, à moins de pouvoir organiser une partie entre amis. Et précisons tout de suite que les développeurs n'ont pas songé à implanter une option pour jouer en LAN.

Par ailleurs, plutôt que de proposer des serveurs dédiés pour héberger les parties, Blacklight : Tango Down repose sur un système de mathmaking avec tous les inconvénients que cela implique : un avantage permanent pour l'hôte, du lag souvent présent, l'impossibilité de rejoindre une partie en cours et la nécessité d'attendre quelques minutes entre chaque session. Cela n'aide pas non plus à peupler les parties qui se lancent automatiquement une fois le nombre minimum d'utilisateurs atteint. Ainsi, durant le test, il n'a été possible que de jouer à huit au mieux dans un jeu taillé pour seize joueurs.

De bonnes idées et un portage indigent

Blacklight : Tango Down propose un gameplay de FPS tactique assez classique dans ses bases : Comme dans le mode hardcore d'un Call of Duty, il suffit de quelques balles pour tuer, ce qui donne un certain dynamisme à l'expérience, à peine limité par la vitesse de déplacement dans la moyenne des titres du genre. La principale nouvelle fonction qui donne son originalité au jeu est la Visière de Réalité Augmentée, sorte de radar que l'on peut activer pour voir les ennemis, et les distributeurs de vie et de munitions à travers les murs. Heureusement, son usage est limité par l'impossibilité de tirer en l'utilisant, et une jauge de rechargement. En pratique, cela permet surtout de repérer rapidement la position des ennemis et d'aller les rejoindre ou les prendre par surprise avant de les engager de manière très classique. Ironiquement, cette fonction se révèle très utile sur les grandes cartes lorsqu'elles se trouvent peu peuplées.

Ce miracle de technologie n'est possible que parce que le soldat incarné voit à travers l'écran de son casque, un détail qui est habilement utilisé dans des variantes originales des grenades, telles que l'EMP qui fait office de flashbang mais ici désactive le système d'exploitation du casque, ou encore la digi-grenade remplissant la fonction d'un fumigène en bouchant la vision dans sa zone d'action avec un joli effet de pixels brouillés. Par ailleurs, les sensations de tir sont correctes, avec de bons bruitages, des effets de particules peu réalistes mais satisfaisants, mais un manque de recul criant sur les armes. Ainsi, l'expérience de jeu est d'un classicisme efficace teinté de quelques idées nouvelles.

Malgré ces bases plutôt solides et quelques cotés originaux, Blacklight : Tango Down pêche par un gameplay sur PC transpirant le portage maladroit et cumulant quelques défauts mineurs, mais qui réunis peuvent devenir rédhibitoires.

Premier grief, la sensibilité souris est baissée dramatiquement dès lors qu'on utilise l'ironsight, beaucoup plus que dans n'importe quel autre titre du genre, ce qui aboutit à des situations cocasses où l'on ne peut suivre les mouvements d'un ennemi en visant car la souris a déjà trop tourné et le viseur pas assez. Même en augmentant la sensibilité au maximum, le défaut persiste, ce qui peut s'avérer très frustrant. Au rang des autres soucis, on note un angle de vue beaucoup trop restreint, et un effet de flou très désagréable qui cache tout ce qui se trouve au delà d'une certaine distance. Enfin, notons que le jeu n'intègre aucune forme de solution anti-triche, ce qui devrait faire le bonheur des amateurs d'aimbot de tous poils.

Une des autres fonctions majeures de Blacklight : Tango Down est la possibilité de personnaliser ses armes, qui est malheureusement peu utile et tient plus du gadget que de la réelle fonction : la plupart des modifications sont trop marginales pour que leur impact se ressente vraiment sur le gameplay, et les seules qui se remarquent changent peu les sensations de tir. Surtout, la customisation consiste simplement à modifier un des modèles de base. Le jeu n'inclut en fait que huit armes dont trois pistolets, qui peuvent être modifiées avec différents composants en conservant une base commune. Ainsi, même si l'on peut largement changer l'apparence du fusil d'assaut, celui-ci reste la même arme avec un maniement très similaire et des bruitages identiques. Ces options fournissent surtout une motivation supplémentaire pour continuer à jouer et passer les niveaux.

Dans l'ensemble, malgré ses nombreuses erreurs, le gameplay de ce titre n'est pas catastrophique. Même si les débuts sont un peu difficiles, il reste fonctionnel et peut être divertissant pour peu que l'on ne s'attarde pas sur ses défauts et limitations et que l'on soit curieux de faire l'expérience de ses particularités. Les 12 cartes proposées sont dans l'ensemble bien conçues et la plupart proposent un gameplay assez fluide sur plusieurs niveaux, et quelques passages pour petits malins qui permettent de sauter vers des positions de tir inattendues susceptibles de surprendre les adversaires.

Black Ops : Un nom qui rappelle quelque chose

Blacklight : Tango Down propose également un mode coopératif jouable en solo nommé Black Ops. Mais celui-ci fait pâle figure par rapport au Spec Ops de Modern Warfare 2. Là où le jeu d'Infinity Ward proposait une myriade de situations et de défis différents, celui de Zombie Studios se contente de réutiliser parfois certaines cartes multijoueur au sein de parcours linéaires pour proposer à l'utilisateur d'abattre quelques vagues de bots parsemés dans le niveau, avec des objectifs à remplir servant de prétextes pour avancer. Il s'agit essentiellement d'une suite de massacres de fantassins ennemis ou de zombies, tous complètement idiots grâce à une IA douée pour les coincer contre des murs. Le tout est répétitif et ennuyeux en solo, et se retrouve ralenti par la nécessité de courir régulièrement se soigner aux différents points placés sur la carte : la prudence est ainsi de mise face à des ennemis mous, ce qui donne un rythme plus que lassant : En solo, on s'ennuie. Si l'on a la chance (ou la malchance) d'avoir des amis possédant le jeu, il est possible de les inviter via Games for Windows LIVE pour jouer à quatre maximum, ce qui rend peut-être l'expérience à peine moins insipide.

L'Unreal Engine 3 est à nouveau de sortie

Coté technique, hormis les soucis déjà évoqués liés au portage, aucun bug n'a été remarqué. Ce sont plutôt certains fonctions dont l'absence est criante : Aucun chat écrit in-game ou dans le lobby n'est disponible, et les réglages graphiques se réduisent à la portion congrue. Heureusement, les menus sont utilisables à la souris, ce qui est le strict minimum pourtant pas toujours assuré dans certaines productions.

Les graphismes sont quant à eux corrects, rien de plus. L'Unreal Engine 3 offre un rendu digne de ses mauvais jours : textures un peu floues, modélisation inégale, reflets excessifs et pas d'anticrénelage. Ajoutons à cela la direction artistique assez fade et des décors pas toujours très cohérents visuellement, et on obtient un jeu qui ne se distingue sur le plan visuel ni par sa technique, ni par son style, si ce n'est pour ses effets de vision électronique. Heureusement, le résultat reste meilleur que ce que les premiers screenshots laissaient voir et l'optimisation est plutôt bonne. En revanche, là où le titre surprend et pas en bien, c'est sur l'utilisation de publicités in-game : celles-ci s'intègrent de manière très cohérente dans le décor et sont plutôt discrètes, mais on s'en serait passés volontiers.

A 1200 Microsoft Points soit environ 15€, Blacklight : Tango Down ne peut se hisser au niveau d'autres productions proposées au même prix, et à la qualité supérieure. Surtout, son achat est difficilement recommandable dans l'absolu : pour une expérience multijoueur à petit prix, on conseillera plutôt de s'orienter vers les anciens, mais toujours joués F.E.A.R. Combat ou Wolfenstein : Enemy Territory qui sont gratuits et très intéressants, ou vers d'autres références du FPS multijoueur téléchargeable qu'il est inutile de nommer.

5

Même si Blacklight : Tango Down propose un gameplay dynamique et conventionnel tout en parvenant à se distinguer des poids lourds du genre, il écope sur PC de nombreux défauts liés à son portage hâtif. Ceux-ci peuvent gâcher l'expérience, mais ce titre permet malgré tout de s'amuser, une fois les premiers niveaux passés et les mécaniques intégrées : la conception des niveaux plutôt inspirée se marrie agréablement avec l'interaction proposée. On regrette que certaines fonctions telles que le mode coopératif Black Ops ou la modification des armes n'aient pas eu toute l'attention qu'ils méritaient. Reste que le concept de la visière de réalité augmentée fonctionne bien et qu'avec douze cartes et sept modes, le titre offre un contenu riche. Cependant, cela n'en fait pas une référence pour autant, en l'absence de serveurs dédiés, et en présence de détails spécifiques aux consoles non corrigés sur PC qui viennent se mettre en travers du plaisir. Quiconque était déjà intéressé par les spécificités de ce titre peut s'y essayer en tenant compte de ses défauts. Pour les autres, il s'agit d'un jeu tout juste moyen qui souffre déjà de ne pas avoir été apprécié des joueurs qui l'ont très rapidement déserté.

Les plus

+ Gameplay nerveux et dynamique
+ La conception des cartes
+ La visière de réalité augmentée
+ Personnalisation des armes

Les moins

- Pas de serveurs dédiés
- Angle de vue ridicule
- Pas d'anti-triche
- Mode Black Ops bâclé
- Peu d'armes de base
- Parties au mieux à moitié vides
- Modes recopiés sur Modern Warfare

Détails

16+
Nom
Blacklight : Tango Down
Support
PC
Genre
Action
Editeur
Ignition Entertainment
Développeur
Zombie Studios
Sortie
30 juin 2010
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

La PS3 est sortie le 11 novembre 2006 au Japon.