ArmA 2 : Operation Arrowhead
Test du Mercredi 14 juillet 2010 par Artheval_Pe
Après le très bon FPS de simulation militaire ArmA 2, le développeur tchèque Bohemia Interactive a décidé de capitaliser sur le travail déjà effectué en proposant ArmA 2 : Operation Arrowhead, un titre servant à la fois d'expansion au jeu de base mais aussi jouable seul. Sorti un an après son prédécesseur, cet add-on propose de quitter le pays du Chernarus pour aller s'aventurer en Asie Centrale, dans le Takistan fictif. Construit à partir de deux toutes nouvelles cartes et proposant de combattre au sein de l'US Army en laissant les Marines de coté, le jeu entendait renouveler l'expérience avec un parterre de nouveautés et la promesse de corriger certains des défauts de l'original. Alors, est-ce réellement une expansion indispensable ou une suite purement commerciale ?
Operation Enduring Freedom + Operation Iraqi Freedom = Operation Arrowhead
ArmA 2 : Operation Arrowhead se déroule dans le pays fictif du Takistan et retrace son invasion par l'armée américaine. Cette contrée d'Asie centrale est contrôlée par un dirigeant et une milice sanguinaire que les forces de l'US Army entendent bien faire tomber. Contrairement à ArmA 2 qui mettait le joueur dans la peau d'un seul personnage tout au long de la campagne, celle-ci est vue au travers des yeux de plusieurs soldats différents, en service au sein de différentes armes.
La narration est limitée, et fonctionne à partir des mêmes principes que le jeu de base : Après une petite introduction, et des flashs d'informations au début et à la fin, l'essentiel des évènements sont décrits par les briefings écrits assez succincts ainsi que par les dialogues à la radio entre les différentes forces. Dans l'ensemble, on regrettera cependant le fait que l'histoire soit moins mémorable : On suit chacun des personnages pendant trop peu de temps pour réellement s'attacher à eux, et le jeu ne comporte pas d'intrigues particulières impliquant de faire des choix personnels. Du coup, l'expérience reste celle d'une suite d'opérations et moins celle d'une campagne continue comme c'était le cas dans ArmA 2. Malgré tout, les actions durant chaque mission ont toujours des conséquences, et l'histoire continue parfois, même en cas d'échec de certains objectifs. Par exemple, si l'hélicoptère piloté se fait abattre dans une mission, il sera possible malgré tout de passer à la suivante durant laquelle on aura la charge d'aller secourir le pilote capturé. On a affaire ici à une fonction implantée de manière simple, mais qui reste utilisée encore trop rarement dans le jeu vidéo.
Good morning Takistan
ArmA 2 : Operation Arrowhead est toujours un jeu de simulation militaire et propose de participer à des opérations de combat, tant de contre-insurrection que de guerre classique : fusillades, bombardement, tir au canon et récupération d'otages sont encore au programme. Grâce au recours à plusieurs personnages, la campagne offre une variété accrue entre les missions, enrichie par les quelques nouveautés offertes par l'expansion, en particulier l'utilisation conjointe d'un drone et d'un hélicoptère. Du début à la fin, on ne fera jamais la même chose : Simple assaut d'infanterie dans la première mission, commandement d'un tank ensuite, pilotage d'hélicoptère plus tard, opérations spéciales, conduite d'un Bradley : Une large part du spectre des opérations est exploité, à l'exception du pilotage d'avions, réservé plutôt au multijoueur.
Déjà présentée en vidéo, l'utilisation d'un drone lors des missions en hélicoptère permet de prendre le contrôle d'un Little Bird sans pilote et de l'utiliser de jour comme de nuit pour marquer des cibles au Laser et ordonner le tir de missiles air-sol Hellfire, et cette utilisation d'armes combinées se révèle vraiment intéressante lorsque l'on commence à la maîtriser. Le blindé M2A3 Bradley est aussi utilisé pour la première fois et se révèle être un véhicule particulièrement versatile et agréable à prendre en main dans la mission où l'on affronte tant de l'infanterie équipée antichar que des tanks et blindés ennemis. Précisons qu'il est quasi-indispensable de suivre les nouveaux tutoriels, sans quoi, même les vétérans d'ArmA 2 peuvent se retrouver perdus.
Cependant, quelques défauts regrettables sont aussi de sortie : Comme souvent avec Bohemia, le jeu souffre de nombreux bugs qui obligent à régulièrement recommencer certaines missions ou conduisent à parfois attendre stupidement la validation d'un objectif qu'on ne peut plus remplir. Entre les actions contextuelles mal expliquées, les bugs et l'interface parfois inabordable, il est parfois plus difficile de trouver ce qu'il faut faire pour que le jeu avance, que de le réaliser. Après qu'ArmA 2 ait beaucoup souffert de cela, on aurait pu espérer que le studio se montre plus consciencieux cette fois-ci.
L'autre reproche concerne la conception des missions : Bien que la diversité proposée soit très appréciable, le jeu a tendance à parfois mal calibrer sa difficulté. Entre la destruction très délicate en hélicoptère de batteries anti-aériennes et le massacre méthodique et sans danger de combattants sous-équipés depuis un tank, on a parfois du mal à trouver le défi là où on souhaiterait le voir. De manière générale, le combat d'infanterie est assez marginal dans cette campagne et conduit généralement à faire face à bien peu d'ennemis, ce qui s'avère assez frustrant. D'autant que l'intelligence artificielle parfois redoutable dans les fusillades à pied en forêt se révèle ici parfois assez catastrophique. Les véhicules sont par moments incapables de suivre une route si on ne leur trace pas précisément le chemin, certains soldats alliés obéissent encore très mal aux ordres et on ne compte plus les fantassins ennemis plantés stupidement à nous fixer ou prompts à se jeter sous les tirs. C'est d'autant plus étrange que lorsque l'IA fonctionne bien, elle peut se montrer redoutable.
Vite, sortons l'éditeur de scénarios
Pour le reste, l'orientation du gameplay n'a pas changé : Le souci de réalisme concernant l'équipement et le maniement des armes est conservé par rapport à ArmA 2 et de nombreux petits détails ont ainsi été améliorés : ajout de la vision thermique, nouveaux viseurs pour les fusils de sniper, possibilité d'utiliser plusieurs optiques différentes sur une même arme, etc... Le contact avec la population et la gestion des civils sont toujours nécessaires mais jouent un moins grand rôle qu'auparavant : Il est préférable d'être en bons termes avec les locaux, mais étant donné qu'on ne voit quasiment personne d'autre que les belligérants dans ce pays, cela n'est pas difficile et a peu de conséquences à travers la campagne. De plus, même si les missions comportent toujours de multiples objectifs, on regrette l'absence d'opérations plus libres en plusieurs parties où l'on devait se rendre à différents lieux en hélicoptère, bien que parfois buggées, elles offraient une liberté d'action que l'on ne retrouve plus vraiment ici.
Dans l'ensemble, c'est ce qu'on retient d'ArmA 2 : Operation Arrowhead : Beaucoup de potentiel pas toujours exploité. Pas d'affrontements entre soldats dans les montagnes, pas de missions complexes proposant de vraiment explorer le terrain : Hormis les sections en hélicoptère, la plupart des opérations forcent une approche assez directe qui est loin de tirer avantage de la liberté de mouvement offerte. D'autant que la campagne est assez courte : entre 5 et 10 heures seront nécessaires pour la terminer selon le niveau de difficulté et la propension de chacun à vouloir recommencer une mission en partie ratée parmi les neuf proposées. Heureusement, elle est complétée par sept scénarios indépendant supplémentaires qui viennent pallier à certaines insuffisances de la campagne. La bonne nouvelle, c'est que grâce à l'excellent éditeur de cartes, on peut compter sur la communauté pour créer des opérations très intéressantes, voire les créer soi-même vu la simplicité de l'outil. Et le mode multijoueur repris d'ArmA 2 devrait finir par utiliser les décors habilement tout en tirant encore parti des points forts du jeu de base.
Sur le plan technique, enfin, le bilan est en demi-teinte : Les paysages désertiques sont beaucoup moins riches en détails ce qui permet au jeu d'être plus fluide que son prédécesseur, mais il suffit de se trouver dans une grande ville pour que la fréquence d'affichage tombe dramatiquement : En d'autres termes, l'optimisation du moteur graphique n'a pas été vraiment améliorée et reste assez catastrophique. Dans l'ensemble, le jeu est plutôt agréable à l'œil, en particulier grâce à une modélisation fidèle et à des textures très précises par endroits, mais, le rendu fait par moments un peu pâle figure, et ce qui est certain, c'est que les détails qui étaient les plus impressionnants dans ArmA 2 (en particulier le rendu de l'herbe et des forêts) ne sont plus présents.
Coté son, on notera la présence de musiques réussies, qui contribuent plus à l'ambiance que dans l'original et toujours agréables à écouter, tandis que les bruitages restent de bonne qualité. Enfin, si le jeu des acteurs reste assez fade voire mauvais, il n'est à aucun moment aussi vil qu'il avait pu l'être dans la campagne originale.

ArmA 2 : Operation Arrowhead laisse le goût d'une expansion de bonne facture, mais loin de la qualité que l'on aurait pu espérer. Bien que les missions plus variées, les équipements supplémentaires et les nouvelles cartes immenses soient les bienvenus, on ne peut s'empêcher de regretter que l'expérience n'ait pas été conçue avec un peu plus de finesse pour être davantage palpitante et mieux maîtrisée. Les amateurs de réalisme trouveront toujours leur compte, hormis dans la campagne par moments fantaisiste, tandis que l'orientation plus linéaire de cet add-on indépendant le rend plus abordable pour ceux qui voudraient découvrir la série. Mais plusieurs des points forts d'ArmA 2 ne sont plus au rendez-vous, et Bohemia Interactive n'a pas pris le temps de corriger certains des défauts les plus agaçants : l'optimisation graphique n'a que très peu progressé, et on retrouve encore par moments des bugs fort agaçants. Dans l'ensemble cette extension est un peu courte coté solo, mais la richesse du contenu qu'elle apporte la rend recommandable pour les amateurs de l'original et ouvre de nombreuses nouvelles possibilités de création pour la communauté.
Les plus
+ Des missions plus variées+ Les nouveautés de l'équipement
+ L'utilisation des drones
+ Des paysages entièrement nouveaux
+ Plein de possibilités pour des scénarios faits maison
Les moins
- Une histoire insipide- L'optimisation pas vraiment meilleure
- Pas de missions vraiment ouvertes
- L'IA parfois à la ramasse
- Des bugs
- Peu de combat d'infanterie
Détails
- Nom
- ArmA 2 : Operation Arrowhead
- ArmA II : Operation Arrowhead
- Support
- PC
- Genre
- FPS
- Editeur
- IDEA Games
- Développeur
- Bohemia Interactive Studio
- Sortie
- 29 juin 2010
- 31 mai 2010 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus














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