PC ArmA 2


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Test de ArmA 2

Test du Jeudi 6 août 2009 par Artheval_Pe

Sorti en 2001, Operation Flashpoint développé par les tchèques de Bohemia Interactive Studio a créé à lui tout seul le genre du jeu de simulation militaire et a profité d'un certain succès commercial. 8 ans plus tard, deux studios s'affrontent pour offrir un successeur à ce titre devenu un classique : Le développeur original Bohemia avec ArmA 2, successeur de ArmA: Armed Assault, et l'éditeur Codemasters qui a conservé les droits sur le nom Operation Flashpoint et entend ainsi lancer Opération Flashpoint : Dragon Rising. Le studio tchèque a tiré le premier avec la sortie de ArmA 2 fin juin 2009, et a profité de son expérience de créateur de simulations professionnelles avec notamment le récent VBS2 utilisé par plusieurs armées. Alors, lequel des deux jeux sera un digne successeur du titre original ? ArmA 2 est-il la simulation militaire la plus complète disponible à ce jour ? Réponse avec ce test.

Reprendre Chernogosk

L'histoire d'ArmA II est relativement complexe dans son déroulement, mais peut se résumer en quelques mots : Le pays fictif du Chernarus est tiraillé entre et une sanglante faction pro-russe de guérilla souhaitant contrôler le pays et une armée régulière qui fait de son mieux pour l'en empêcher. Les Etats-Unis sont envoyés pour aider à stabiliser la région en éliminant les forces rebelles Chedaki, mais le déroulement de cette grande opération ne sera pas aussi simple que prévu. Parmi la machine de guerre de l'US Marine Corps se trouve une petite unité de Force Recon, l'équipe Razor dont le joueur prendra le contrôle d'un des membres dans la longue campagne solo.

La narration est entièrement délivrée dans le jeu sous forme de dialogues et de quelques évènements scriptés, et le coté dynamique de l'aventure et des choix s'avère particulièrement intéressant. Mais nous ne nous attarderons pas sur l'histoire d'ArmA II, car ce n'est pas le coté le plus marquant du titre, même s'il faut noter qu'elle semble particulièrement authentique, ayant un malheureux air de famille avec la guerre ayant eu lieu l'année dernière en Géorgie.

Give them hell !

La conception globale du jeu est probablement l'un des points sur lequel il se distingue, et le plus évident, est que la carte est immense. Couvrant l'ensemble du Chernarus, la seule zone accessible dans le jeu se charge en streaming et inclut des dizaines de kilomètres carrés de forêts, de montagnes, de villes et de villages, tous bien particuliers.

Les différentes missions tirent largement avantage de cette unique carte. Bien que l'espace dans lequel peut se dérouler un niveau du solo soit limité, il est généralement impossible d'en voir les extrémités . La campagne commence avec de petites missions se jouant de manière assez linéaire dans des environnements ouverts mais en suivant une succession d'objectifs, tandis qu'au fil du jeu, des parties plus longues et plus ouvertes sont proposées. Au lieu de se déplacer à pied en suivant une suite de points de passage obligés, le joueur est conduit à réaliser des missions aux multiples objectifs sur une partie bien plus grande de la carte, en se déplaçant en voiture ou en appelant un hélicoptère qui peut jouer le taxi. Et l'utilisation de ce dernier est tout sauf un luxe vu la distance qu'on peut trouver entre deux objectifs. L'ensemble du monde du soldat ennemi au lapin en passant par le civil est enfin animé par une intelligence artificielle entièrement dynamique. C'est une conception jamais vue ailleurs, du moins pas à cette échelle, et qui est très prometteuse pour le futur des FPS qui pourraient ne plus contraindre les joueurs à suivre des rails prédéterminés. Les cartes ouvertes ne sont pas nouvelles, mais jamais un jeu n'en avait proposée une à la fois aussi grande et détaillée tout en mettant à disposition du joueur une telle variété de véhicules militaires et en lui confiant autant d'objectifs.

La dernière mission du jeu est elle un nouveau genre à part entière, mêlant RTS et FPS d'une manière jamais vue auparavant. Elle permet de prendre le contrôle d'une armée toute entière pour l'amener à reconquérir l'ensemble du Chernarus ville par ville. Ainsi, il devient possible de gérer sur toute une carte des centaines voire milliers de soldats et véhicules qui peuvent s'engager dans des combats réalistes les uns avec les autres, dans des environnements bien plus détaillées que tout ce qu'on peut trouver parmi les jeux de stratégie.

Malheureusement, cette conception ambitieuse ne vient pas sans inconvénients. D'abord, elle contraint le joueur à terminer les longs tutoriels qui lui seront indispensables pour jouer correctement et utiliser toutes les possibilités du titre. De plus, les nouvelles possibilités telles que la gestion stratégique, ou les commandes de l'équipe ou du support ne sont pas introduites clairement dans la campagne, ce qui peut conduire à ne pas savoir quoi faire si l'on ne s'est pas instruit correctement au préalable. Il est possible de passer complètement à coté des capacités de gestion de l'armée toute entière dans la dernière mission, ou de rester bloqué indéfiniment en essayant vainement de donner des ordres au pilote de l'hélicoptère de transport. ArmA II fait partie de ces jeux qu'il faut aborder en faisant le tutoriel d'abord, manuel en main.

On peut aussi noter des oublis des concepteurs tels que des lunettes de vision nocturne introuvables dans une mission où elles sont indispensables, et des bugs problématiques tels que le support d'artillerie devenant inutilisable. Mais dans l'ensemble, le titre détruit complètement ce qu'on pensait à ce jour comme des limites pour un FPS, et donne au joueur une liberté de choix et de mouvement inégalée.

Ennemi, mitrailleuse, loin, devant, nous

Coté gameplay, ArmA II s'affirme comme un titre réaliste et il s'y tient. Oubliez tout ce dont vous avez l'habitude dans la plupart des FPS, les combats n'ont rien à voir. Le changement le plus perceptible est la distance d'engagement. Dans un premier temps, le joueur aura du mal à percevoir son ennemi ou la provenance des tirs qui l'ont blessé, à cause des distances auxquelles se déroulent les fusillades. En effet, il est courant de se faire attaquer par un ennemi se trouvant à 200 mètres ou plus ce qui sera déroutant pour tout habitué du genre.

L'autre choc vient de la létalité des armes. Un tir bien placé peut suffire à tuer ou neutraliser un adversaire, et ce qui est vrai pour les ennemis l'est aussi pour le personnage de joueur. Le titre arrive ainsi à se démarquer et à affirmer l'orientation particulière de son gameplay : Qu'on l'aime ou non, il est réaliste. Il peut être dans un premier temps frustrant, mais quand on s'y est habitué, les combats dans les autres jeux apparaîtront bien trop conventionnels et artificiels. Le tout encourage le joueur à agir comme le ferait un soldat dans la réalité, ce qui est une direction intéressante qu'on a peu l'habitude de voir dans le genre. Les armes se comportent également de manière convaincante, ayant un recul très perceptible même si les militaires joués sont considérés comme des bons tireurs et donc savent viser à longue distance. Le moteur balistique est aussi particulièrement bien conçu. Même si le fait de tirer des balles classiques et non traçantes conduit à l'impossibilité la plupart du temps de voir le trajet d'un tir, tenter de tirer à longue distance permettra de se rendre compte du soin apporté au réalisme des trajectoires de balles.

Mais il n'y a pas que les combats dans ArmA II. Paradoxalement pour un jeu de guerre, on passe moins de temps à s'y battre que dans un FPS plus classique. En effet, même si certaines concessions à la réalité ont été faites, dans certaines zones, le personnage se contente de se déplacer en véhicule ou à pied durant un temps non-négligeable, et, de manière appréciable, on trouve dans la campagne solo des éléments de gameplay non-violents inspirés par des RPG. Il est ainsi possible de réaliser des objectifs secondaires qui ne réclament pas de se battre, tels que trouver des caches d'armes, secourir des habitants ou enquêter en allant inspecter des villages à la recherche de personnes suspectes ou de preuves de crimes de guerre. Le jeu est ainsi un des premiers FPS de guerre à montrer ce qui est plus le quotidien du travail d'un vrai soldat de nos jours : le contact avec la population.

Et cet aspect n'est pas juste un plus périphérique laisse de coté : Il a une influence non-négligeable sur l'ensemble du jeu. Prendre une bonne décision vis à vis de la population à un moment pourra permettre de s'assurer du soutien d'une faction tandis qu'un choix hâtif pourra être regretté plus tard. Globalement, la campagne n'est pas une suite de choix mais reste comme dans tous les autres jeux solo un problème à résoudre (étant donné qu'il existe des choix meilleurs que d'autres), mais il est un des rares où des choix a priori moraux auront de l'importance pour le joueur grâce à leurs répercussions sur le cours des évènements. En plus des conséquences durant la campagne, l'ensemble des décisions du joueur le dirigera vers une des sept différentes fins du jeu.

Un coté plus problématique du titre est l'interface. Le personnage contrôlé par le joueur fait partie d'une équipe de plusieurs soldats, et il est possible de commander les coéquipiers et de gérer de nombreux autres paramètres via un menu de commandes complexe et une carte tactique. Même si un menu simple permet de gérer les bases, apprendre à utiliser l'ensemble des contrôles est assez long, même si une fois l'interface prise en main, son maniement devient très naturel.

Au rang des autres défauts figurent la conception de certaines missions, et le manque de possibilités dans la campagne : On y reste un fantassin et la plupart des véhicules ne peuvent y être conduits. Heureusement, la dizaine de scénarios se déroulant durant la guerre mais indépendants de l'histoire de la Razor Team permettront de se faire les dents sur des missions plus diverses et aux possibilités plus riches. Car la campagne d'ArmA II est longue, et s'avère parfois trop répétitive, même si les possibilités tactiques infinies sont appréciables. Enfin, un problème récurrent qui pourra y devenir très vite pénible est la vulnérabilité des coéquipiers. Ils peuvent être tués comme tout le monde, mais leur mort entraine la fin de la mission. S'ils meurent, c'est que le joueur ne les a pas dirigés correctement. Mais la meilleure solution est souvent de les éloigner du combat ce qui fait que l'équipe devient sans intérêt.

Globalement, le gameplay offre une expérience à nulle autre pareille, mais il peut aussi se révéler très frustrant à cause de décisions de conception prises à la légère, ou de missions parfois mal pensées. Il est parfois très répétitif dans la campagne, même si aller faire les scénarios indépendants à ce moment là permettra de casser la routine. En jouant, on alterne souvent expériences frustrantes et moments de pur bonheur vidéoludique.

Une expérience très soviétique

Graphiquement, le jeu est très inégal. Sa végétation et sa faune riches sont les environnements européens les plus réalistes jamais vus dans un jeu vidéo. De plus, l'herbe et la végétation sont extrêmement détaillés, même lorsqu'on se trouve allongé, mais beaucoup de textures manquent de détails en particulier en milieu urbain où l'on trouve aussi des problèmes d'affichage à cause de l'oubli des limitations du budget texture. Enfin, les animations sont individuellement bien réalisées mais mal liées entre elles, et le tout fait malheureusement assez mal fini avec des problèmes de collisions partout et des soldats qui se téléportent hors des véhicules (faute d'animation adaptée). De plus, lors des dialogues, les personnages restent totalement immobiles ce qui les fait ressembler à des statues de cire. Malgré tout, nous pardonnerons ces défauts de surface face à un rendu globalement exceptionnel et qui fait mouche sur les visuels délivrés au combat. Mais l'optimisation très mauvaise a bien du mal à être acceptée, même si le jeu tourne heureusement bien mieux que son prédécesseur catastrophique ArmA: Armed Assault sorti en 2007.

De par la quasi-absence de script, l'intelligence artificielle est un des piliers du jeu et elle s'avère heureusement particulièrement efficace. Il est possible d'observer parfois des bugs et les alliés manquent de jugeote pour se mettre à couvert, mais le tout reste convainquant et fonctionnel. Il est dommage cependant que cette IA soit aussi robotique. Elle est en effet parfois très (voire trop) rapide pour repérer le joueur ou un ennemi et saura adopter une tactique efficace pour l'abattre, mais certains soldats ennemis restent trop statiques lorsqu'ils n'ont pas repéré leur adversaire.

Le son est remarquable au niveau des bruitages, qui manquent parfois de puissance mais restent de qualité, et sont extrêmement nombreux pour accompagner tous les mouvements et actions. Et entendre différemment les balles selon la distance à laquelle elles passent et touchent le sol est particulièrement appréciable. Mais côté dialogues, le jeu des acteurs audio est assez mauvais, même si on appréciera le fait que les dialogues avec les habitants soient dans la langue locale sous titrée. De plus, les indications données par les coéquipiers sont données par bribes, ce qui donne un langage robotique. C'était cependant inévitable vu la précision des indications qui fait qu'enregistrer toutes les possibilités une à une aurait été impossible.

Enfin, le jeu inclut un moteur physique décent qui gère les destructions de bâtiments qui peuvent être abimés puis détruits au canon ou à l'explosif, et celles des arbres, de murs, de panneaux ou de poteaux que le passage d'un tank pourra aisément mettre à bas.

Toi, tu es un Noob intelligent !

S'il y a un domaine où les possibilités considérables d'ArmA II peuvent s'exprimer, c'est en multijoueur. Avec la possibilité à la fois de réaliser les missions en coopération et de participer à des scénarios de grande envergure ayant lieu dans le Chernarus et créés par la communauté, c'est à plusieurs que le jeu s'appréciera le plus, d'autant plus que les serveurs peuvent accueillir jusqu'à 64 personnes.

Une bonne partie multi avec de nombreux joueurs fournit un équivalent réaliste à Battlefield 2, la taille de la carte et les environnements destructibles en plus. Même si les combats se déroulent souvent de très loin, toutes les armes sont suffisamment bien conçues pour être utiles. Autant dire qu'il y a de quoi beaucoup s'amuser. Tous les serveurs ne sont cependant pas de qualité équivalente et tomber sur une bande d'utilisateurs jouant chacun pour soi donnera une expérience décevante. Mais les serveurs et les équipes de qualité sont là, il suffit de les chercher pour au final jouir d'une liberté et de possibilités inégalées pour un FPS multijoueur.

De plus, c'est grâce à la communauté déjà très importante que le titre s'est amélioré depuis son lancement et continuera à devenir meilleur. Pensé dès l'origine pour les mods et les missions personnalisées, le jeu est livré avec un excellent éditeur de missions qui pourra permettre à tout un chacun de créer son propre scénario, que ce soit pour des parties multijoueur ou des expériences solo. Et contrairement à ce qui est arrivé avec Far Cry 2, les utilisateurs d'ArmA II ont eux déjà créé du contenu d'excellente qualité qu'on pourra retrouver facilement en se renseignant sur le net, et grâce au navigateur de serveurs très fonctionnel.

8

ArmA II est difficile à noter. Tantôt extrêmement intéressant, ou à l'inverse très frustrant, ce titre ne laissera certainement pas indifférent le joueur faisant face à une difficulté assez relevée. Mais le gameplay bien particulier aux possibilités immenses, la conception particulièrement ambitieuse et les multiples nouvelles idées incluses dans l'expérience font de ce jeu un produit en avance sur son temps. La campagne solo varie entre moments remarquables et missions répétitives, mais les scénarios supplémentaires viennent largement compenser ces faiblesses et donnent une durée de vie considérable à ce programme. Mais c'est surtout en multijoueur que ce jeu est capable de briller dans des batailles massives pouvant avoir lieu sur une carte immense. Digne successeur d'Operation Flashpoint, ArmA II est la meilleure simulation militaire réalisée à ce jour, malgré ses défauts, le manque d'optimisation, et les quelques bugs encore présents. Le titre peut encore s'améliorer grâce aux outils fournis et aux productions de la communauté, mais livre déjà de très nombreuses heures de divertissement. Cependant, il est à réserver aux joueurs prêts à apprendre son fonctionnement et à subir de nombreux échecs, car il n'est ni abordable dans ses contrôles, ni facile. Jeu au gameplay complexe sans concessions, d'une taille impressionnante, il n'est pas sans défauts mais représente malgré tout une réussite majeure qui risque d'être bien difficile à égaler.

Les plus

+ La carte immense
+ Le gameplay réaliste
+ Le rendu de la végétation
+ Les possibilités du multi
+ L'éditeur de missions
+ Le nombre de véhicules jouables

Les moins

- L'interface pas intuitive
- L'optimisation
- Le gameplay parfois frustrant
- La difficulté mal gérée
- Les coéquipiers trop vulnérables
- Sauvegardes limitées par mission

Détails

16+
Nom
ArmA 2
Armed Assault 2;Game 2
Support
PC
Genre
FPS
Editeur
505 Games
Développeur
Bohemia Interactive Studio
Sortie
18 juin 2009
26 juin 2009 (US)
Recommandation PEGI
Joueurs de 16 ans et plus

C'est en septembre 1995 que la Playstation fut lancé en Europe.