Aliens Vs Predator
Test du Mardi 2 mars 2010 par Team_Gamers
Vous l'aurez probablement déjà constaté en vous promenant sur l'internet mondial, Aliens Vs Predator est un titre qui divise sauvagement les foules depuis ses premières previews. Développé par les instigateurs de la licence sur PC, le titre chaperonné par Sega a eu droit à de multiples reports afin d'être peaufiné et d'avoir droit à un traitement de faveur digne d'une starlette. L'éditeur n'a d'ailleurs pas hésité à nous assommer de plusieurs trailers par semaine pendant des mois et autant dire que l'atmosphère qu'il dégage avait de quoi mettre en appétit. Et d'un autre coté on se remet en tête les cadavres laissés par les anglais de Rebellion qui nous ont récemment gratifié d'un bien pourri Shellshock 2 : Blood Trails et d'un misérable Rogue Warrior. Autant dire qu'Aliens Vs Predator ne part pas spécialement sur de bonnes bases avec son statut de Caliméro vidéoludique mais la question qui se pose est la suivante : mérite-t-il vraiment tout ce lynchage médiatique ? Vous êtes bien nombreux à vous poser la question et voici notre version des faits.
C'est toujours mieux dans l'assiette du voisin
A l'instar de son grand frère de 1999, cette cuvée 2010 d'Aliens Vs Predator vous permet d'incarner au choix un pauvre Marines apeuré, un Predator aux allures de serial-killer rasta du futur ainsi qu'un Alien agile, baveux et en quête perpétuelle de casse-croûte à s'enfiler. 3 races pour 3 types de gameplay bien distincts, voilà qui promet énormément sur le papier. Pour ce faire Rebellion nous a concocté 3 scénarios parallèles dans lesquels nos espèces vont s'entrecroiser et partager certains lieux communs basés sur les licences cinématographiques : vaisseaux spatial infesté d'Aliens, jungle marécageuse chère aux Predators, etc...
Filet d'humain Mariné sauce aigre douce
Commençons tout d'abord par la campagne Marines qui se trouve être celle proposant le plus de challenge. Ici le gameplay s'apparente à un FPS des plus classiques sauf que l'ambiance Alien contribue énormément à son efficacité, et ce dès la séquence d'introduction où vous découvrez qu'une fois de plus vous êtes la grosse bleusaille de l'équipe. Comme vous vous en doutez les choses ne vont pas spécialement bien tourner avec ces saletés de xénomorphes. Fort heureusement vous pourrez compter sur votre fidèle radar aux pulsations permanentes qui vous signaleront d'éventuelles présences étrangères dans les parages avec un état de stress permanent. La pénombre sera votre quotidien et votre lampe torche votre meilleure amie à qui vous accrocher. Hélas son efficacité est plutôt relative face à l'obscurité, les bruits lugubres et autres musiques d'ambiance fidèles aux films qui ne manqueront pas de semer la panique dans votre culotte jusqu'à votre première rencontre avec un xénomorphe vous donnant un avant-goût de l'incontinence l'espace d'un instant.
Et c'est d'ailleurs cet esprit de survival horror qui fait la force de la campagne Marines où vous ne serez qu'un vulgaire bout de viande traqué par des meutes d'Aliens. Le reste de l'aventure consiste essentiellement à activer des générateurs, ouvrir des portes, trimballer des batteries vers leurs slots appropriés, bref rien de bien folichon. Mais il faut bien avouer que c'est surtout l'ambiance tout bonnement magistrale qui donne envie de progresser jusqu'au bout. La rapidité et l'agilité des Aliens vous mettront bien à mal malgré une IA pas toujours au top et il faudra bien scruter votre radar, vous fier à votre ouïe et ne pas hésiter à balancer des bâtonnets éclairants pour ne vous faire gober par surprise. L'Alien étant une bestiole de contact, Rebellion n'a pas écarté les combats au corps à corps puisque vous pouvez effectuer des coups de crosse, des blocages et des contres avec l'aide de différents boutons. Ces coups ne sont pas à négliger tant ils sont montrent important à la survie. Niveau armement il vous faudra faire des choix puisque vous serez limité à un flingue de base (aux munitions illimitées... joie...) et 2 plus grosses pétoires (mitraillette, shotgun, fusil de snipe, lance-flamme).
L'alien ou le Yamakasi à 4 pattes et à la grosse queue
La partie Alien débute elle aussi par une chouette mise en jambe. Vous incarnez le "Numéro 6", une bestiole née et élevée en captivité qui a finalement préféré écouter les appels de sa Reine plutôt que d'obéir aux expérimentations humaines. En tant que xénomorphe vous aurez l'aptitude de vous déplacer sur les murs, plafond, arbres et autres surfaces pour mieux choper vos victimes par surprise. Si la forme s'avère des plus sympathiques, le fond est plutôt déroutant puisqu'il faudra avoir la tête bien accrochée (et le sac à vomi pas trop loin) pour comprendre sur quelle surface on se retrouve suite à une période de bordel. Rien de dramatique non plus, le gameplay est tout de même bien pensé pour ne pas trop galérer.
Bien entendu l'Alien ne peut pas compter sur la moindre pétoire pour survivre et c'est donc sur ses griffes et sa grosse queue qu'il vous faudra miser pour bouffer de l'humain. Là les boutons de la souris sont mis à contribution, avec un coup simple pour celui de gauche, un coup puissant pour celui de droite et un blocage en appuyant sur les 2. Il faudra cependant éviter au maximum les contacts frontaux puisque l'Alien se trouve être l'espèce la plus faible en terme de résistance physique. L'art de l'infiltration et de la discrétion rendue possible par votre aptitude multi-surface (en en passant par les conduits d'aération) ne sera donc pas à négliger pour enclencher moult mises à mort plus gores les unes que les autres avec au programme de la décapitation, du plantage de queue allant du rectum à la bouche, du tranchage de gorge, etc... voire même une petite infection au facehugger quand il s'agit de civils. Sur ce point Rebellion ne s'est pas foutu de notre gueule et n'a pas hésité à trasher pour rester fidèle à l'esprit des films. Même si leur nombre est assez important, la redondance reste de mise compte-tenu du nombre de fois où l'on exécutera de l'humain. Hélas à l'instar de la campagne Marine le principe du gameplay consistera ici aussi à activer des interrupteurs, péter des générateurs, s'infiltrer dans certains lieux, etc... Rien de bien trépident mais le tout se trouve être servi en contrepartie par une ambiance et une mise en scène des plus efficace qui saura combler les amateurs de la série. Si ça vous branche vous pouvez également vous amuser à pousser des cris pour attirer les Marines en embuscade mais la fonction n'est pas foncièrement efficace et provoque en eux quelques réactions bizarres du type 1 cri = 1 pas. Zuper...
Chasse, pêche, nature et Predator
La campagne Predator est probablement celle qui aura inquiété les joueurs jusqu'au bout et on les comprend tant la classe intrinsèque de la bestiole est complexe à représenter. Coté scénar' c'est à nouveau aussi épais qu'une notice de godemiché alors passons. En tout cas c'est clair, le Predator et sans aucun doute la race où vous aurez le plus d'assurance et la plus grande sensation de tout poutrer. Difficile de paniquer ou de ressentir la moindre sensation de stress tant la bête est balèze. Le gameplay principal est ainsi basé sur le concept de traque. En gros vous vous perchez en hauteur (en lockant l'endroit souhaité vous pourrez vous y élancer à condition qu'il ne soit pas trop éloigné), vous enclenchez le mode de vision thermique pour les humains/androïdes ou la seconde pour les Aliens et à vous de les faire goûter à l'art du carpaccio fait maison. Pour ce faire vous pouvez décider de distraire les ennemis grâce à un enregistreur audio qui les attirera à l'endroit voulu (toujours aussi teubée cette IA soit dit en passant...) et à vous les joies de l'égorgeage par derrière et de la tripaille en tout genre. Après libre à vous d'opter pour le canon plasma et le disque coupant pour trancher dans le lard à distance à condition d'avoir suffisamment d'énergie pour les utiliser.
A l'instar de l'Alien le combat au corps à corps ne sera pas à négliger et se montre même primordial pour repousser les assauts xénomorphes car les armes du Predator ne peuvent être utilisées aussi fréquemment que celles des Marines. Bien entendu un Predator ne serait pas grand chose sans son aptitude à être invisible. Celle-ci sera d'une grande utilité pour ridiculiser les Marines à condition de ne pas donner de coups, d'utiliser ses armes ou d'être dans l'eau. Pour ce qui est des Aliens c'est un peu raté puisqu'ils sauront traquer vos odeurs de pieds où que vous êtes...
Prendre un gamer par la main
Globalement les campagnes solo d' s'en tirent relativement bien. L'ambiance est glauque à souhait, chaque espèce procure des sensations appropriées selon que l'on est la proie ou le prédateur mais quelques points noirs ne passent pas inaperçus. Dans tous les cas le jeu se montre particulièrement linéaire (ce qui n'est finalement pas de refus pour les joueurs qui comme moi flippent leur race dès qu'il s'agit d'être plongé dans le noir...) et incroyablement dirigiste. Impossible de se perdre, une flèche ou un curseur vous indiqueront en permanence à quel endroit tourner. De même, l'Alien et le Predator ont l'avantage de pouvoir mettre en évidence les items à récolter et autres objectifs à atteindre présents dans les environs. A croire que les développeurs ont eu le cul entre 2 chaises en proposant un jeu mature et gore mais ne délaissant pas pour autant les n00bz. D'ailleurs à ce titre le jeu vous propose de changer le niveau de difficulté à chaque décès si l'envie vous en dit. Du casual gaming hardcore, fallait oser...
L'autre problème se situe au niveau des missions en elle-mêmes. Si les débuts de chaque campagne ont tendance à démarrer en trombe avec des situations pour le moins tripantes, l'intensité fini par dégringoler petit à petit et le recyclage des derniers niveaux ne fera que renforcer l'impression de terrain connu, surtout dans les parties Alien et Predator. Dommage que Rebellion n'ait pas plus cherché à différencier les niveaux parcourus même si l'ensemble s'entrecroise relativement bien au niveau de la mise en scène avec certains environnements repris par les 3 classes mais vus sous un autre angle. Au final le solo d'Aliens Vs Predator laisse un petit goût amer de produit fini dans le speed mettant un terme rapide au potentiel des gameplay proposés. Avec 6 missions par race que l'on torche en 20 ou 30 minutes chacune avec des sensations de déjà -vu, vous risquez de rester sur votre faim malgré quelques prises de pied non-négligeables.
En parallèle vous trouverez également un mode Survie consistant à survivre à moult vagues Aliens dans des niveaux se limitant tout d'abord à un minable couloir ou une vulgaire pièce de 5m² avant de les voir prendre du terrain au fur et à mesure de votre progression. Autant dire que ce mode se montre plutôt anecdotique tel quel en solo mais prend davantage d'ampleur en coopération.
La cochonnaille c'est à plusieurs que ça se partage
Le big boss de Rebellion l'avait dit au détour d'une interview, Aliens Vs Predator est avant-tout un jeu multijoueur. Un choix plutôt étrange compte-tenu des épisodes précédents qui misaient plus sur le solo mais pourquoi pas... Cet état de fait se ressent tout d'abord au niveau des modes de jeu présents au nombre faramineux de 7.
Par contre n'y voyez pas une quelconque révolution puisque Aliens Vs Predator pioche un peu sur tout ce qui se fait chez les voisins. Vous pourrez ainsi compter sur les classiques deathmatchs, combats de races chacun pour sa pomme ou par équipes (bon ok celui-là est presque original), un mode conquête basé sur le concept de capture de points de contrôles (où les Aliens sont largement favorisés puisque 2 baffes suffisent à latter un Marine...), un mode survie évoqué plus haut ressemblant comme 2 gouttes d'eau au mode Horde de Gears of War 2, un mode Predator où un joueur incarnera la bestiole tandis que les autres joueurs Marines devront le traquer pour ensuite pouvoir l'incarner, ou encore l'Infestationinspiré par le mode Infection d'Halo 3. Ce dernier se révèle particulièrement goutu puisqu'un joueur sera tiré au sort pour incarner un Alien et devra bouffer les autres joueurs pour qu'ils rejoignent à leurs tours le camps xénomorphe jusqu'au dernier Marine survivant. Sympa.
Alors certes le multijoueur d'Aliens Vs Predator n'innove pas pour un sou mais il faut tout de même avouer qu'il se montre plutôt intéressant à jouer de par les différences gameplay proposées par chaque race et leur parfaite intégration dans les modes de jeu proposés. Il y a donc à fortiori de quoi se poiler pendant un bon petit moment mais le faible nombre de maps disponibles (6 +2 pour la version collector) risque de poser des limites. Et ce n'est pas le système de progression vous permettant simplement de débloquer de nouvelles skins de personnages qui devrait vraiment vous motiver sur la durée. De plus, les serveurs dédiés n'ont été disponibles que quelques jours après la sortie du jeu ce qui est dommage.
Ils sont moches mais c'est beau quand même
Je suppose que vous avez déjà pu lire à gauche et à droite qu'Aliens Vs Predator n'est pas très beau et serait même moche, ce à quoi je n'ai qu'une chose à dire : bah merde alors... Ok certaines textures bavent un peu mais faut vraiment avoir le pif dessus pour que ça choque. Ok certains mouvements sont un poil raides, ok les effets de feux ne sont pas très réussis mais dans l'ensemble tout le reste se révèle être d'un très bon niveau. La modélisation des personnages et créatures est plus que correcte tout comme celle des environnements riches en babioles diverses et variées. Les effets de lumière sont juste magnifiques et procurent une atmosphère super travaillée qui ne manquera pas de vous terroriser à de nombreuses reprises. Les plantes réagissent à vos passages tout comme à ceux des ennemis ce qui peut aider à augmenter le facteur panique lorsqu'une bande d'Aliens est à vos trousses. En tout cas rien à dire, le jeu est parfaitement fluide et je n'ai jamais vu le moindre ralentissement. Pris d'un doute j'ai quand même fait appel à plusieurs gamers de mon entourage et tous sont d'accord pour dire que non je n'ai pas de caca dans les yeux et qu'Aliens Vs Predator est plus que sexy d'un point de vue esthétique. Même en haute résolution sur PC, le résultat se révèle plus que correct et permet de comprendre aisément pourquoi Rebellion a décider d'utiliser son moteur graphique fait maison. Coté optimisation, le jeu s'en tire en plus très bien, restant bloqué au delà de 60 images par secondes en haute résolution sur notre (récente) machine de test.
La direction artistique ne pète quant à elle pas 3 pattes à canard mais reste cependant fidèle à l'esprit des films tout comme les bruitages et la bande son de folie qui mettront à mal votre palpitant. Sur ce point c'est du tout bon même si certains doublages français restent plutôt médiocres (surtout les voix féminines), autant que les voix anglaises, à l'exception du court passage remarqué de Lance Henriksen.

Non Aliens VS Predator n'est pas la sombre daube à laquelle nous aurions pu nous attendre compte-tenu du passif de Rebellion. Bien entendu leur titre n'est pas exempt de tous reproches avec ses 3 campagnes qui démarrent sur les chapeaux de roue pour finir mollement, une IA de mollusque ou un dirigisme bien trop important mais les gameplays proposés se montrent suffisament riches et bien pensés pour que l'on s'y accroche avec une certaine envie. Aliens VS Predator bénéficie également d'une ambiance magistrale qui risque de vous retourner les tripes en tant que Marine ou de vous faire passer pour le plus grand des bouchers en incarnant les 2 autres bestioles de l'espace. Sur ce point Rebellion a frappé très fort avec un enrobage très réussi mettant en avant des effets de lumière qui mettront bien à mal votre vessie. A l'instar du mode solo la partie multijoueur risque de ne pas vous tenir en haleine trop longtemps avec seulement 6 maps mais les 7 modes de jeux se montrent suffisamment intéressants pour que vous passiez de sacrés moments malgré tout.
Les plus
- L'ambiance fidèle aux films.- Les 3 gameplays riches et bien pensés.
- La réalisation de qualité.
- La bande son flippante.
- Le multijoueur sympathique.
- Les débuts de campagne de folie...
Les moins
- ... mais qui s'essouflent sur la fin.- Trop court.
- IA pas top.
- Trop linéaire, trop dirigiste.
- Pas assez de maps multi.
Détails
- Nom
- Aliens Vs Predator
- AvP 3
- Support
- PC
- Genre
- FPS
- Editeur
- Sega
- Développeur
- Rebellion Oxford
- Sortie
- 19 février 2010
- 19 février 2010 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 18 ans et plus






















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