The Legend of Zelda : Spirit Tracks
Test du Jeudi 11 février 2010 par el lobo
L’arrivée d’un nouvel épisode de Zelda est toujours un événement même si les espoirs fondés diffèrent selon qu’il s’agisse d’un opus destiné à une console de salon ou dans ce cas présent à une console portable. Pourtant après un excellent et surtout rafraîchissant Phantom Hourglass sur Nintendo DS, nous étions en droit d’espérer l’épisode de la maturité pour sa suite. Mais la véritable question qui demeure est : après avoir réussi avec brio son premier coup d’essai sur DS, Nintendo réussira-t-il à nouveau à nous envoûter ou se reposera-t-il sur ses bonnes vieilles mécaniques qui demeurent après tout toujours aussi efficaces ? Verdict ci-dessous.
De l’ombre à la lumière
Comme le dit l’adage : "on ne change pas une recette qui gagne". Si la maxime est particulièrement vraie pour la structure générale des Zelda, elle l’est d’autant plus pour son scénario. Vous incarnez donc Link, jeune recrue de la SNCF titulaire d’un permis de train fraîchement acquis. Lors de la cérémonie de remise du permis présidée par la princesse Zelda, la donzelle ne trouve rien de plus spirituel que de se faire ravir sa royale enveloppe charnelle par le vil 1er ministre du royaume. Ainsi débute votre périple à la recherche du corps de la princesse dont le fantôme vous accompagnera tout au long de l’aventure.
FullMetal Alchemist ?
Une des particularité des épisodes de Zelda sur Nintendo DS est la présence d’un temple central à revisiter après chaque donjon. Si le principe était particulièrement décrié dans le 1er opus en raison de la lourdeur de la tâche, Nintendo corrige ici quelque peu le tir. En effet, dans le temple du roi des mers de Phantom Hourglass, vous deviez progresser dans des sous-sols infestés d’air empoisonnée, traverser les mêmes niveaux pour en atteindre de nouveaux, le tout dans un laps de temps limité. Fort du retour des joueurs, aucun de ces éléments n’a été conservé dans Spirit Tracks.
Ici le but sera à chaque fois de récupérer une glyphe qui fera apparaître de nouvelles voies pour vous ouvrir l’accès à de nouveaux lieux. Vous visiterez donc une partie différente de la tour à chaque fois sans contraintes. Par ailleurs le cheminement est globalement plus agréable et on ne se rend plus au temple à reculons. Les étages ne se ressemblent pas tellement et sont presque aussi agréables à explorer qu’un donjon.
Mais la nouveauté la plus intéressante reste quand même la coopération avec la Princesse. Grâce à son apparence fantomatique, cette dernière peut littéralement posséder les gardes et vous prêter main-forte. Le rôle de la Princesse potiche tout juste bonne à être sauvée touche à sa fin. Sous cette forme-là elle peut éliminer des ennemis ou vous porter pour atteindre des endroits inaccessibles. Autant vous le dire tout de suite, elle est même plus forte que vous ! Hélas cette coopération cessera aussitôt que votre travail dans la tour sera accompli. N’espérez donc pas lâcher super princesse dans les donjons que vous explorerez.
Le train-train quotidien
Un petit mot aussi sur les fameux déplacements en train. Le principe est grosso modo le même que pour les déplacements en bateau de l’opus précédent, sauf qu’un train… ça roule sur des rails ! Rails que vous devrez emprunter pour rejoindre les différents lieux à visiter. Les déplacements ne seront donc pas aussi libres qu’en pleine mer mais l’avantage est que le changement de direction se fera presque automatiquement, il suffira juste de penser à changer l’aiguillage des voies lorsque le signal apparaîtra à l’écran. On gagne donc en flexibilité mais ne vous attendez quand même pas à vous la couler douce pour autant.
Tout d’abord parce que le train ne s’arrête pas automatiquement et ensuite parce que des ennemis n’hésiteront pas à vous attaquer. La vigilance est donc de mise mais ces trajets manquent malgré tout de dynamisme et ont plutôt tendance à casser le rythme qu’à être vraiment agréables. On se surprend même à regretter cette jument incontrôlable qu’était Epona, c'est dire. La qualité graphique du titre qui n’a pas pourtant pas à rougir de la comparaison avec d’autres jeux du même support, indique pourtant que l’intégration d’un cheval ne devrait pas être si compliqué que ça. La prochaine fois, peut-être ?
Un gameplay qui plaît
Évidemment tout cet enrobage ne serait rien sans un gameplay à la hauteur. Alors certes, on pourrait résumer cette partie à "c’est un Zelda !" mais la qualité discutable d’un "certain" opus fait apparaître le fait que l’on ne peut plus donner le bon dieu sans confession à cette licence. Ce qui faisait la force de Phantom Hourglass, c’était l’ingéniosité développée par ses créateurs pour exploiter au maximum les spécificités de la console. Il suffisait par exemple de souffler sur votre DS pour éteindre certaines flammes ou encore la fermer et la rouvrir pour faire apparaître un symbole. Ici les idées vont dans le même sens mais l’effet de surprise est moindre. Globalement les astuces utilisées sont les mêmes et l’effet de surprise en prend un sérieux coup. Si on ne s’étonne plus de devoir souffler sur la console pour déverrouiller des secrets, il n’en demeure pas moins que le jeu nous propose un level design solide, des donjons très inspirés et particulièrement accrocheurs. Les énigmes sont quant à elles plutôt accessibles dans l’ensemble mais la formulation assez nébuleuse de certaines d’entre elles risque d’en agacer plus d’un. Les boss en revanche n’ont de boss que le nom tant la facilité avec laquelle on en vient à bout est déconcertante.
Un élément supplémentaire voit son potentiel un peu gâché dans le jeu : la flûte. Enfin un instrument de musique occupe une vraie place centrale dans le scénario d’un Zelda sur portable ! Du moins c’est ce qu’on aurait pu penser. Eh bien la déception engendrée est à la hauteur de nos espérances tout simplement parce que l’instrument est agaçant dans son utilisation. En effet, chaque mélodie doit être apprise avant de pouvoir être utilisée. Pour cela il suffit de souffler sur la console tout en déplaçant la flûte sur l’écran tactile. Le tout s’avère laborieux et il est souvent nécessaire de recommencer plusieurs fois avant de valider le morceau. En revanche une fois le morceau appris, il peut être répété de manière approximative sans le moindre problème. Mise à part cette bizarrerie symphonique, c’est l’utilité même des musiques et leur qualité qui laissent à désirer. Les musiques qui servent régulièrement à notre héros se comptent sur les doigts d’une tortue ninja.
A nous de vous faire préférer le train
Nintendo a eu la sagesse d’écouter ses fans concernant la présence de sous-quêtes qui faisaient cruellement défaut à Phantom Hourglass. S’il n’est toujours pas question de chasse aux quarts de cœur, d’autres mini-quêtes agrémenteront le voyage et auront le mérite de casser un peu la linéarité du déroulement. Il s’agira par exemple de capturer des lapins se baladant le long des rails ou encore de transporter de la glace de ci de là . Alors bien sûr ces mini-jeux ne resteront sans doutes pas dans les annales mais nous ne pouvons que saluer cette initiative et espérer qu’elle se bonifiera avec le temps. Ceux qui veulent définitivement changer d’air opteront pour le mode online et ses mini-jeux qui sont toujours d’actualité.

Au final ce Spirit Tracks joue la sécurité et se contente de reprendre les bonnes idées de son prédécesseur tout en les améliorant. Si de nombreux points noirs comme l’absence de sous-quêtes et surtout la présence d’un donjon central ont été améliorées, l’affiliation à Phantom Hourglass est tel que si vous ne l’avez pas apprécié, il y a peu de chances que vous adhèrerez à cet épisode. Les autres se laisseront séduire par un titre plein de magie qui procurera un réel plaisir de par son univers accrocheur, son gameplay solide et sa durée de vie tout à fait honnête. Une valeur sûre.
Les plus
- Les erreurs de jeunesse gommées.- Le retour des quêtes annexes.
- La coopération avec la Princesse.
- Le train plus agréable que le bateau.
Les moins
- Peu de surprises.- A quand un Four Sword online ?
- Toujours trop court.
- L’instrument de musique agaçant.
Détails
- Nom
- The Legend of Zelda : Spirit Tracks
- Support
- Nintendo DS
- Genre
- A-RPG
- Editeur
- Nintendo
- Développeur
- Nintendo
- Sortie
- 11 décembre 2009
- 07 décembre 2009 (US)
- Recommandation PEGI
- Joueurs de 7 ans et plus














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