Nintendo 3DS Professeur Layton et le Masque des Miracles


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Test de Professeur Layton et le Masque des Miracles

Test du Jeudi 1 novembre 2012 par el lobo

Trônant fièrement en tête de gondole du lancement japonais de la Nintendo 3DS en début d'année dernière, Professeur Layton et le Masque des Miracles daigne enfin pointer le bout de son nez sur les portables du vieux continent. C’est en effet Professeur Layton et l'Appel du Spectre, le 4ème volet, qui occupait le créneau de fin d’année en 2011 sur DS. Sur ce coup, on ne peut que se satisfaire de la décision de Nintendo et Level-5 de ne pas avoir imité Capcom et sa politique douteuse sur la localisation de Phoenix Wright... Quoi qu’il en soit, ce "Masque des Miracles" aura la lourde tâche de préparer l’acte final censé clôturer la saga l’année prochaine, au Japon du moins. Hé oui, le temps passe Professeur.

Sponsorisé par Pippa Middlayton

Digne représentant de la "touch generation" sur Nintendo DS, le Professeur Layton a su s’imposer durablement grâce à sa grande accessibilité et sa réalisation soignée, qualités appréciées des joueurs de tous profils. Il était donc normal de voir la licence coloniser une 3DS qui peine encore un peu à trouver ses marques auprès de son public. Alors en attendant le cross-over avec Phoenix Wright et la conclusion définitive, le matraquage commence par le Professeur Layton et le Masque des Miracles, 2ème acte de la nouvelle trilogie censée se dérouler avant les 3 premiers épisodes DS. Tout le monde suit ?

Pour ce 5ème volet, Hershel Layton et sa joyeuse troupe sont invités par Marissa Dumont, amie d’enfance du professeur, à poser leurs valises à Dorémont, une petite ville développée autour d’un oasis et réputée pour son carnaval. Malheureusement, celle que l’on appelle "Ville des Prodiges" est depuis quelques temps le théâtre de méfaits commis par le Maître du Masque, personnage fantasque et illusionniste notoire bien décidé à détruire la petite bourgade pour une raison encore inconnue. C’est à la demande de son amie que le professeur devra arrêter cet individu en menant une palpitante enquête qui réveillera aussi de douloureux souvenirs.

Il faut dire que malgré les épisodes successifs, le passé de Layton demeure toujours très flou mais on pourra néanmoins compter sur les quelques flashbacks du Masque des Miracles pour en apprendre un peu plus sur l’homme au chapeau. On remarque ainsi une approche plus intimiste qui contribue à donner du relief à un personnage encore trop "lisse". Hershel apparaît ainsi plus humain et du coup, encore plus charismatique.

Le scénario en lui-même n’est pas non plus en reste et, bien que prévisible sur certains points, demeure malgré tout très bien ficelé et riche en rebondissements. En somme, Layton fait du Layton et les qualités scénaristiques de la série sont toujours d’actualité sur 3DS. Le vrai défi consistait surtout à transposer la licence sur un nouveau hardware sans trahir ses origines. Mais là aussi on peut dire que Level-5 réussit le test haut la main.

La courte Hershel

Nouveau hardware oblige, la 2D a finalement cédé sa place à une 3D intégrale plus appropriée. Ainsi, les personnages sont modélisés dans une 3D cel shadée du plus bel effet pour coller au mieux aux sprites d’antan, tandis que les décors ont gagné en relief tout en conservant leur charme et leur architecture soignée. L’effet de relief est d’ailleurs très réussi et se trouve être un vrai régal pour les yeux, chose assez rare pour le souligner. D’aucuns penseraient que l’on perd un peu du charme des précédents volets, mais ce serait sans compter sur l’énorme travail abattu par les développeurs pour rester fidèle à l’esprit d’origine. Dorémont et ses habitants pas dénués d’humour sont plus attachants que jamais et la ville peut figurer sans honte aux côtés des lieux visités dans les aventures précédentes. Grâce aux nombreuses animations, les personnages prennent enfin vie et les dialogues prennent une nouvelle dimension, au sens propre comme au figuré.

A côté de ça, on retrouve aussi les excellentes cinématiques animées. Particulièrement nombreuses et rythmées, elles se présentent au bon moment pour ponctuer les moments clés du scénario. Évidemment, le doublage français est toujours de rigueur et combiné à la superbe bande-son, l’immersion est totale. On se laisse facilement entraîner par le rythme des violons et des accords de piano qui résonnent dès l’écran titre. Tout simplement épique. Dommage par contre que le doublage du Maître du Masque soit si peu convainquant. Le résultat dénote particulièrement avec la prestation des autres acteurs. Fort heureusement, ses apparitions restent trop rares pour que cela ne porte préjudice à l’ensemble.

Mais au-delà du critère esthétique, l’utilisation de la 3D donne aussi lieu à quelques nouveautés au niveau de l’exploration. Dans la mesure où les décors sont désormais en relief, il est possible de les explorer avec plus de minutie en se servant de la loupe pour affiner l’angle de vue et dénicher les éléments cachés dans les environnements. Pas vraiment une révolution mais la navigation demeure quand même très agréable et permet de s’imprégner un peu plus de l’ambiance carnavalesque qui règne dans la ville.

La vraie nouveauté intervient en fait plus tard dans l’aventure, avec l’exploration de ruines. Dans ce passage, le côté point'n'clic est mis de côté et il est possible de diriger Layton à travers un petit donjon qui n’est pas sans rappeler les phases d’explorations de (l’affreux) Docteur Lautrec et les Chevaliers Oubliés, ou dans une moindre mesure, le donjon central des épisodes DS de Zelda. Il s’agira alors de progresser en actionnant des interrupteurs et en esquivant des momies.

Si l’initiative de diversifier un peu le gameplay est louable, elle n’est pas franchement réussie. Ces phases d’exploration sont en effet ennuyeuses et répétitives et il faudra composer avec les nombreux dialogues cassant le rythme de jeu pour s’en défaire. On s’ennuie rapidement et heureusement, l’expérience ne dure finalement pas très longtemps. Le pire a finalement été évité. Pourtant avec cette tentative, Level-5 semble admettre que sa série tourne peut-être en rond. Aussi bons soient-ils, les épisodes ne se distinguent finalement que par leur scénario, le reste du jeu étant plus ou moins identique. Et c’est bien le principal reproche qu’on pourra faire à Professeur Layton et le Masque des Miracles. L’absence de réelles nouveautés au bout de 5 épisodes est préjudiciable à un concept qui aurait pu mettre la 3D à profit d’une façon bien plus convaincante. Layton et la 3D, c’est un peu comme le rendez-vous manqué de Tim Burton et Alice au Pays des Merveilles. Sur le papier ça peut donner un résultat explosif, mais dans les faits ce n’est pas du tout ça. Alors certes, contrairement au film le résultat est ici très réussi, mais on ne peut que se montrer déçu par tant de potentiel inexploité.

Cessons cette masque-charade…

Ceci dit, l’intérêt principal d’un Professeur Layton, ce sont les énigmes. Qu’il s’agisse de casse-têtes soumis par de facétieux villageois ou de mécanismes à déverrouiller, les prétextes ne manquent pas pour mettre le cerveau du joueur en ébullition et ça tombe bien, c’est le but recherché.

Toujours aussi intelligents, ces puzzles finissent irrémédiablement par devenir redondants en fin d’aventure et ils peinent globalement à se renouveler. Il faut néanmoins saluer l’initiative de Level-5 d’avoir corrigé une bonne partie des énigmes à formulations alambiquées, à moins que l’habitude fasse qu’elles soient plus facilement intelligibles. Quoi qu’il en soit, on commence maintenant à connaître la chanson et rares sont les épreuves qui parviennent désormais à arracher ce fameux rictus généralement ponctué d’un "ha ouais quand même !".

Cela n’impacte en rien leur difficulté toujours liée au nombre de points Picarats mis en jeu. Plus ce nombre est élevé, plus l’énigme est difficile et en cas de tentative infructueuse, les gains s’amenuisent. Aussi, il n’est que trop conseillé aux joueurs malhabiles d’acheter des indices grâce aux pièces S.O.S disséminées un peu partout dans le décor. La routine quoi. En somme, rien de bien nouveau dans la progression mais après tout, les manœuvres pour révolutionner le genre semblent quand même limitées, à moins de vouloir s’engouffrer dans une voie hasardeuse et sans garantie de succès à l’instar du concurrent de Konami. On connaît aussi les difficultés que rencontre souvent Level-5 quand il s’agit de sortir des sentiers battus. Pourtant, on ne peut s’empêcher de penser qu’il y avait mieux à faire ici.

Parce que justement, les développeurs avaient devant eux une mine d’or pour apporter un vent de fraîcheur au concept. On pouvait s’attendre à voir des énigmes exploitant la 3D par exemple, mais le résultat est plus que timide. Certes, quelques rares casse-têtes ont recours à la perspective, mais c’est souvent par simple coquetterie et toujours sans conséquence. S’agissait-il d’éviter l’aliénation de la partie borgne de la population ou permettre à sa moitié d’apporter son aide en jetant un coup d’œil par-dessus l’épaule ? L’histoire ne le dit pas, mais les conséquences restent les mêmes.

Histoire de se faire pardonner, Level-5 a bien tenté de distraire le joueur grâce à 3 mini-jeux et des objets à collectionner. On pourra ainsi guider un robot sur des parcours piégés, apprendre la comédie à un lapin, ou encore appâter le chaland en plaçant correctement des articles dans le rayon d’un magasin. Plusieurs niveaux se débloquent au cours de la progression afin de motiver le joueur. Ces mini-jeux sont plutôt amusants même s’ils ne sont pas très longs ni très compliqués. Ils ont au moins le mérite de débloquer du contenu une fois complétés.

Bref, c’est mignon, ça détend, mais ce n’est rien en comparaison de ce qu’aurait pu être Professeur Layton et le Masque des Miracles si Level-5 et Nintendo n’avaient pas purement et simplement supprimé le mini-RPG London’s Life pourtant présent dans les versions japonaises et américaines du titre. Réalisé par Brownie Brown à qui l'on doit quelques RPG sur Game Boy Advence et DS, ce mini-RPG social promettait 100 heures de jeu supplémentaires à rajouter à la vingtaine nécessaires pour boucler l’aventure principale. Rageant. Il faudra se rabattre sur les énigmes quotidiennes téléchargeables et les quelques bonus tels des artworks, des musiques et d’autres défis pour ronger son frein et c’est déjà pas mal.

8

On pouvait s’attendre à plus de chamboulements pour la première apparition de la licence sur 3DS. Avec ce Professeur Layton et le Masque des Miracles, Level-5 se contente de réciter à nouveau une partition réglée comme du papier à musique depuis maintenant 5 épisodes et désormais sublimé par une très belle réalisation. Bien sûr le charme opère toujours grâce aux qualités habituelles de la série. L’efficacité du concept, la qualité d’écriture et l’esthétique globale font mouche, tout comme le très grand soin apporté à la localisation. On note toutefois quelques travers dont une certaine redondance dans les puzzles et surtout la suppression du mini-RPG pourtant annonciateur d’une belle durée de vie. Dommage.

Les plus

+La localisation impeccable.
+Un concept simple et efficace.
+L’univers Laytonesque.
+La réalisation.
+La durée de vie.
+Le scénario.

Les moins

-Peu de nouveautés.
-London’s Life sucré.
-La 3D sous-exploitée dans les énigmes.
-Le doublage du Maître du Masque.

Détails

7+
Nom
Professeur Layton et le Masque des Miracles
Professeur Layton 5; Professor Layton and the Mask of Miracle; Layton Kyôju to Kiseki no Kamen
Support
Nintendo 3DS
Genre
Aventure
Editeur
Nintendo
Développeur
Level 5
Sortie
26 octobre 2012
28 octobre 2012 (US)
26 février 2011 (Jap)
Recommandation PEGI
Joueurs de 7 ans et plus

Offres partenaires


La DS a été vendue à 230.000 exemplaires dès le jour de son lancement au Japon.